City And Colour – « Bring Me Your Love »

Bring Me Your Love[Album]
12/02/2008
(Hassle/Vagrant/Pias)

On vous l’accorde, la scène rock d’outre Atlantique nous a déjà fait le coup de ces gros durs, réputés pour leurs prestations au sein de formations punk/hardcore bien connues, qui un jour décident d’empoigner leur guitare acoustique pour faire découvrir un autre penchant de leur personnalité artistique, et faire pleurer quelques minettes au passage. Quand Dallas Green, leader de Alexisonfire et tatoué jusqu’aux ongles, s’est présenté à nous, on croyait flairer une nouvelle fois un énième beau gosse bien décidé à étaler ses problèmes sentimentaux en musique. Sauf que ce n’est finalement pas pour rien que ce Canadien, grâce à internet dans un premier temps, est parvenu à attirer sur lui la même attention que son groupe, qu’il a pratiquement vendu autant de disques, et même glané quelques justes récompenses ces dernières années, dont celle de l’artiste canadien préféré du public

« Bring Me Your Love », son troisième album (dont un live), frôle en effet le prévisible, jusqu’à ce que sa propre patte, peu flagrante à la première écoute, vienne le différencier des pleureuses ridicules. Avec le recul et quelques tentatives successives, il apparaît pourtant clairement que Green possède son style bien à lui, plus folk intimiste que cette mélopop acoustique et facile trop souvent servie. Ce nouvel album a quelque chose de chaleureux et modestement produit qui lui donne une authenticité agréable: une évidence sur les « Forgive Me » et « Confessions » d’ouverture, tout comme sur le final « As Much As I Ever Could », presque fragiles comme pouvait l’être le premier album de Fink, toutes proportions gardées. Même quand il s’aventure sur un terrain plus typiquement alt country (« The Death Of Me », « The Girl »), ou proche de ses faux concurrents (« Waiting… »), il parvient à s’échapper de la redite par un sens de la mélodie et une approche vocale spontanée qui, mariées, aboutissent à de réelles invitations à la communion (« Sleeping Sickness »)

Et si quelques souffles d’harmonica ponctuent cet album en y amenant leurs odeurs d’écuries (« Body In a Box », « Against The Grain »), City And Colour réconcilie incontestablement avec ces side projets acoustiques sonnant trop souvent comme une manière pour leurs auteurs d’arrondir leurs fins de mois. Dallas Green s’affiche lui en songwritter authentique, et transpire l’envie de concrétiser tous ces élans créateurs. Ajouté à cela un son légèrement vintage, une production fidèle aux valeurs d’antan, et « Bring Me Your Love » finit par s’éloigner on ne peut plus de ce qu’on pouvait attendre d’un frontman de formation post hardcore. Comme quoi, on peut faire grand bruit sans un mur d’amplis derrière soi..

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