Chronofixion – « Echappatoire »

Echappatoire[Album]
01/12/2002
(Autoproduit/Autoproduit)

« Echappatoire » est le quatrième album autoproduit de Chronofixion, artiste obscur de Besançon et adepte de musiques électroniques down tempo sombres et profondes aux frontières du dub et de l’electronica

Non content de s’adonner à une musique accrocheuse et stimulant l’imagination des auditeurs, Chronofixion trame tous ses travaux tels des bandes originales de films imaginaires. « Echappatoire » ne déroge pas à cette règle originale et captivante puisqu’il se divise en cinq chapitres distincts. En guise d’introduction, « Première Injection » plante le décor d’une scène glaciale et apocalyptique laissant vite l’histoire prendre son cours avec « Rêverie », première scène du chapitre intitulé « Nostalgie ». Le beat est discret dans un premier temps et devient vite massif et claquant comme pour mieux appuyer les samples pertinents qui composent le morceau, nous faisant irrémédiablement penser aux accalmies d’un Amon Tobin en grande forme. « Lumineuse Réminiscence » et « Deuxième Injection » font le lien vers le second chapitre (« Human Or not? ») qui s’ouvre sur « Un Choix Douloureux » marqué par un accord de guitare efficace, véritable rayon de lumière au milieu de ces samples darks de cordes mélancoliques et de voix torturées. Sans conteste un des meilleurs moments du film… L’histoire prend ensuite une ampleur incontestable avec le très bon « Clone/Dub » marqué par des nappes massives et diverses sonorités, véritables bouffées d’air frais. Une fois remonté à la surface et les poumons remplis d’oxygène, on replonge grâce à une « Troisième Injection », incitation à l »Imprégnation », première scène de « l’Atterrissage ». Le dub de Chronofixion explose alors au grand jour avec sa ligne de basse hypnotique rappelant à certains moments les influences musicales nées d’écoutes répétitives des productions de Lab° ou General Dub. « Introspection » et « Quatrième Injection » nous amène dans un « Cycle Infernal » en « Métropole » ou quelques notes mélodiques et des samples étourdissants nous plongent dans le chao d’un beat hardcore et encore jamais si présent depuis le début de cet « Echappatoire » bien loin de provoquer en nous « Un Sentiment De Lassitude » (scène cruciale dont la basse vous envahit de ses vibrations pour laisser votre coeur retrouver un rythme sain). L’appel de la science fiction se dégageant d’une telle écoute n’est pas sans rappeler « Philip K Dub » vous incitant à la « Dernière Injection ». Le « Dénouement » vous remémore que « La Fin Est Proche ». L’ambiance est alors posée mais on ne peut plus oppressante, les basses vrombissent dans vos tripes et les samples de guitare électrique viennent vous déchirer les joues telles des gifles de réanimation. Le « Générique De Fin » s’amorce, vous revenez à contre coeur de cet « Echappatoire » et, la larme à l’oeil, « La Vie Reprend Son Cours »

Si quelques passages de cette production peuvent s’avérer superflus, leur écoute reste néanmoins incontournable pour saisir toute la subtilité de cette b.o. imaginaire. Chronofixion parvient sans mal à nous emmener bien loin de la réalité et se présente même comme un outil indispensable de déconnexion. Plus qu’un film, cet « Echappatoire » n’est peut être tout simplement que le support sonore de vos pensées. On n’a jamais été aussi bien dans la lune..

Ecoutez un extrait sur le site de chronofixion

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