Cheveu – ‘Bum’

Album / Born Bad / 10.02.2014
Proto pop

Il y a toujours quelque chose d’impalpable avec Cheveu. Déjà, la sortie de ‘1000‘ balayait du revers d’un Charlie Sheen les quelques croyances existantes sur le groupe. Il s’agit de son trait de caractère le plus reconnaissable: un nouvel album entraîne toujours la destruction des fondations à peine érigées. Sur le fond, rien n’a donc changé : Cheveu reste libre. Le groupe s’est toujours joué des conventions.

Sur la forme, ‘Bum’ amène le chantier à un autre niveau. Les structures se sont radicalement complexifiées; plus longues et labyrinthiques, les compositions suivent des voies bien sinueuses avant d’exploser à notre gueule (‘Polonia’). La production a également gagné quelques degrés de richesse. Chaque élément trouve plus d’espace. En partie produites à Tel-Aviv, les voix – chant lead et choeurs – sont bien plus audibles qu’auparavant. Les arrangements se sont multipliés (‘Pirate Bay’, ‘Madame Pompidou’) sans sombrer dans le chaos d’antan. En terme d’évolution sonore, plus question de parler de lo-fi, ‘Bum’ est presque propre.

Pour autant, Cheveu est loin de l’embourgeoisement, il n’en finit simplement plus de prospecter sur des terres inconnues. Fidèles à leurs entreprises de démolition, chant faux et ruptures violentes viennent toujours briser l’harmonie avec enthousiasme. Le trio gerbe sa proto-pop avec un sourire de commercial Century 21. Sa façade polissée masque mal des viscères disséquées dans l’euphorie générale. Car ‘Bum’ est aussi un album heureux, hystérique, frénétique qui range l’absurde au rang de norme. Il n’y a qu’à écouter son hymne de fin, ‘Johnny Hurry Up’, pour se convaincre de la beauté de cette insouciance revendiquée. ‘Bum’ est une ode à l’excès, au grotesque, une confession amoureuse exprimée malgré une grosse diarrhée.

‘Polonia’, ‘Johnny Hurry Up’

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