Chapelier Fou – ‘Deltas’

Album / Ici d’Ailleurs / 22.09.2014
Collage

Pour être honnête, la discographie de Chapelier Fou n’éveillait plus vraiment notre intérêt depuis… ses deux premiers EP ‘Darling, Darling, Darling…’ et ‘Scandale!’, pour la simple raison que si ces essais furent sincèrement appréciés par leur audace et leur dimension onirique, leurs successeurs n’apportaient – selon nous – rien de plus à ce que l’artiste avait déjà entrepris. Entendons-nous bien sur le fait que la posture n’avait rien de personnelle, tant la démarche du Messin s’est toujours illustrée par son intégrité et sa passion.

Et puis, est venue l’opportunité de mettre en avant son dernier album. À son écoute, il est rapidement devenu évident que le multi-instrumentiste revenait de ses nombreux périples avec beaucoup d’histoires à partager. Ainsi, ‘Deltas’ porte bien son nom, lui qui ouvre la voie à de multiples horizons, cristallisant cinq années de parcours bien remplies.

Toujours artisanale, la musique de Chapelier Fou porte à nouveau le sceau de la naïveté, du bricolage et de l’accident, mais cette fois, l’imprévu est maîtrisé, cultivé pour mieux nourrir ses contes. Toujours fasciné par les répétitions, les cloches orientales et les sorties de pistes, le Chapelier démontre également un vrai talent narratif (‘i_o’), capable de toucher juste lors de ses plus belles progressions dramatiques, comme l’atteste son hommage à ‘Vertigo’ (l’ultime ‘Carlotta Valdès’).

Mais ‘Deltas’ n’est pas qu’une oeuvre grandiloquente ou picturale, loin de là. Parfois sanctuaire, l’album est aussi propice à l’intimité, à l’instar de cette version visiblement très personnelle et émouvante d’une berceuse polonaise, ‘Polish Lullaby’. Ainsi, le producteur offre une oeuvre à son image: au préalable timide, taciturne, puis généreuse, pleine d’aspérités, de reliefs, dès lors qu’on l’a apprivoisée.

‘Carlotta Valdès’

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