Ceremony – ‘The L-Shaped Man’

Album / Matador / 18.05.2015
Post punk assumé

Il est loin le temps de ce premier album ou Ceremony balançait une grosse douzaine de titres en autant de temps, sous couvert d’un punk hardcore brutal et sans limite qu’il déclina bille en tête jusqu’en 2010 et ce ‘Rohnert Park’ un poil plus tempéré que ses prédécesseurs. Ce n’est pourtant que deux ans plus tard avec ‘Zoo’, leur premier album pour Matador, que les californiens assumaient enfin toutes leurs influences, post punk notamment tant ils ne pouvaient alors plus dissimuler leur affection pour Joy Division, New Order ou Wire. Le virage fut quelque peu violent pour les fans de longue date, ceux-là mêmes qui se retrouveront une nouvelle fois la joue flanquée sur la vitre de la portière à l’écoute de ‘The L-Shaped Man’, un cinquième album qui ne s’embarrasse plus du tout des considérations.

Inspiré par la récente rupture vécue par son frontman Ross Farrar très à l’aise dans ce nouveau registre, Ceremony adopte un ton général mélancolique et désespéré: un contexte bien dark et mélodique (‘The Separation’), idéal pour dérouler un post punk à cheval entre le classicisme des années 80 (‘Exit Fears’, ‘Your Life In France’), et une approche plus moderne allant parfois jusqu’à rappeler Interpol (‘The Pattern’). Toujours est-il que, sur chacun de ces onze titres produits par John Reis (Drive Like Jehu, Hot Snakes, Rocket From The Crypt…), toutes les ficelles sont généreusement tirées par le quintet.

Les accords puissants d’antan sont désormais remplacés par des riffs minimalistes et une basse nettement plus impactante (‘The Bridge’), tandis que l’intensité constatée tout au long de sa discographie est encore palpable. C’est évident quand le groupe lâche un peu le frein (‘Bleeder’, ‘Root Of The World’), estompant ainsi le sentiment de frustration qui pourrait s’emparer de l’auditeur au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans ce disque. C’est d’ailleurs ainsi que Ceremony fait gentiment passer une pilule qu’on pensait avoir beaucoup plus de mal à avaler. Pour faire de ‘The L-Shaped Man’ un tournant dans sa carrière, ne lui reste donc plus désormais qu’à poursuivre son évolution en s’émancipant de ses aînés.

‘Bleeder’, ‘Your Life In France’, ‘The Separation’

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