Cannibale – ‘Not Easy to Cook’

Cannibale – ‘Not Easy to Cook’

Album / Born Bad / 16.11.2018
Rock garage & exotisme


La dernière fois qu’on a croisé leur route, c’était durant la tournée de leur très réussi premier album No Mercy For Love, il y a tout juste un an. Fort du succès rencontré, et après plus d’une centaine de dates au compteur, les musiciens de Cannibale ont décidé de battre le fer tant qu’il est chaud, l’apanage des guerriers qui ne sont jamais rassasiés.

Not Easy To Cook, leur nouvel album, ne vise pas tant la révolution mais plutôt la confirmation. Le groupe consolide ses fondamentaux et poursuit l’exploration tropicale du premier effort en faisant cette fois-ci clairement la part belle aux rythmiques et aux percussions. Plus dense dans la production, plus épais dans le son, et plus fou dans l’âme, ce deuxième album est en quelque sorte une manière pour Cannibale d’affirmer son style et d’assumer sa propre signature musicale.

Pour ce groupe originaire d’un petit village de l’Orne en Normandie, il est toujours aussi surprenant de constater à quel point ce sont plutôt les marécages, les palmiers et la moiteur des tropiques qui hantent leur musique. De l’entrainant morceau d’ouverture Frogs à l’afro-beat démoniaque de Siren’s Call, du très cool Ghost au génialissime Pendejo – titre que n’aurait sans doute pas renié La Mano Negra – Cannibale envoie du groove jusqu’à sa dernière goutte de sueur, comme pour ne jamais relâcher l’auditeur. Mais les normands tentent aussi par ci par là quelques sorties de routes plutôt réussies, comme sur le très british et mélancolique Machine Gets Old ou encore le titre Au Revoir et ses influences quasi dub. D’autres pistes semblent – elles – avoir puisé dans un esprit limite cinématographique, à l’image du satanique premier single Do Not Love Me Too Much qui aurait très bien pu figurer comme la bande son d’un film d’horreur d’époque.

Le groupe se paye même le luxe de conclure ce nouvel album avec une ultime piste de plus de six minutes où tout ce que vous pourrez entendre ne sera que coassements de grenouilles et bruits d’oiseaux. C’est plutôt osé, assez barré, mais tellement bien pensé finalement. Car après avoir dansé comme un fou au son d’une cumbia psyché et d’un rock endiablé, quoi de mieux que de méditer et de se prélasser au son unique d’une nature et d’une faune sauvage dont Cannibale semble bien plus se nourrir qu’avec une quelconque autre chair.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Frogs, Do Not Love Me Too Much, Machine Gets Old, Ghost, Siren’s Call, Pendejo, Au Revoir


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