Calexico – « Garden Ruin »

Garden Ruin[Album]
03/04/2006
(City Slang/Naive)

Joey Burns et John Convertino, composant le noyau dur de Calexico, sont de ces artistes imprévisibles jouant régulièrement la carte du changement pour poser ensuite celle de la longévité.De ses quatre précédents albums, les « The Black Light » et « Hot Rail » ont certainement été les plus retentissants, transpirant cette ambiance « soleil de plomb » purement texane, encore plus lorsque les mariachis venaient alors prêter main-forte pour asseoir définitivement Calexico parmi les groupes à part. Déjà, « Feast Of Wire » en 2003 n’était pas parvenu à les égaler. N’en attendez donc pas plus de ce « Garden Ruin » qui laisse entrevoir, si ce n’est une nouvelle direction, un nouveau chapitre dans la discographie du duo

Ayant récemment collaborés, entre autres, avec Nancy Sinatra, Gotan Project ou Iron & Wine, Burns et Convertino semblent s’être laissés imprégner par ces expériences au point d’épurer considérablement leur musique. Sur ce « Garden Ruin », les cuivres n’apparaissent quasiment plus, à l’exception de « Roka » (feat Amparo Sanchez, chanteuse de Amparanoia), au profit de la recette classique et simplifiée chant / guitare / batterie / choeurs mais aussi des textes plus engagés qu’auparavant et de leur interprétation. Du coup, la personnalité musicale de Calexico n’est conservée que dans le son et les mélodies, et ce nouvel album s’inscrirait presque dans la tendance folk actuelle, même si il lorgne régulièrement vers la pop et le rock (« All Systems Red », « Letter To Bowie Knife »). D’abord décontenancé par une richesse musicale clairement moins importante, l’auditeur peinera pourtant à ne pas tomber dans la profonde intimité de ce « Garden Ruin » (« Yours And Mine », « Smash ») dont quelques titres (« Lucky Dime », Bisbee Blue ») valent un large détour

Calexico a donc choisi d’exploiter désormais des recoins de ses influences jusqu’à maintenant mises au second plan. De ce fait, « Garden Ruin », même s’il s’inscrit parfaitement dans le décor que le groupe a planté tout au long de ces dernières années, sonne différemment de ses prédécesseurs, au risque de parfois flirter avec le banal. Ce nouvel album n’est donc clairement pas le plus marquant de sa discographie, mais s’avère être une pierre indispensable à l’édifice.

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