Calexico – « Carried To Dust »

Carried To Dust[Album]
08/09/2008
(Cooperative Music/City Slang/Pias)

On n’avait plus entendu Calexico aussi riche musicalement depuis « Feast Of Wire », quatrième album sorti en 2003 qui allait laisser la place au plus épuré « Garden Ruin« , un disque ne laissant d’ailleurs plus que de vagues souvenirs aujourd’hui. « Carried To Dust », cette fois composé à deux avant d’être soumis aux musiciens, revient donc remettre un peu d’en train et de lumière dans la discographie du groupe de l’Arizona qui convainc définitivement en plus de regonfler pour de bon un capital sympathie quelque peu émietté par sa précédente sortie. Calexico y retrouve ses richesses, ses cuivres et cordes notamment, ses élans cinématographiques aussi, et saisit l’occasion de raconter une nouvelle histoire: celle d’un écrivain qui achète une carte routière marquant en rouge un mystérieux itinéraire qu’il allait suivre, et qui l’emmènera de Valparaiso à la Nouvelle-Orléans en passant par Moscou

Pas étonnant donc que, en tant qu’invitation au voyage, chacun de ses disques emmène systématiquement avec lui quelques musiciens rapportés, valeur ajoutée qui ne se refuse pas quand elle est de cette qualité. Cette fois, ce sont entre autres Sam Beam de Iron & Wine (le doux « House Of Valparaiso » et ses cuivres lointains) et la chanteuse canadienne Pieta Brown (« Slowless ») qui se laissent embarquer et contribuent à deux des plus belles démonstrations mélodiques de cet album, tandis que Douglas McCombs de Tortoise vient fermer la marche sur « Contention City », ovni de ce disque de par son orchestration et l’ambiance fantôme qu’il dégage. Mais, il serait trop injuste de minimiser ainsi la forme éclatante de Calexico, définitivement responsable de son meilleur opus à ce jour à en croire les nombreuses pépites qu’il contient: celles qui refont sonner les cuivres (l’ouverture enjouée « Victor Java’s Hands », le cinématographique « El Gatillo » à la Sergio Leone), et donnent la part belle aux accents d’Amérique Centrale et du Sud (« Inspiracion », avec Amparo Sanchez (Amparanoia) et Jairo Zavala, qui va même jusqu’à ne pas déplaire aux fans du Buena Vista Social Club), si proches de Tucson, berceau de Joey Burns et John Convertino, les deux têtes pensantes de Calexico

Mais plus que tout encore, c’est quand viennent le premier single « Two Silver Trees », l’écorché « Man Made Lake », et surtout les délicats « The News About William » et « Red Blooms » – deux des plus beaux titres de l’entière discographie du duo – qu’on prend conscience de son inspiration débordante. Plus que jamais, Calexico montre sa capacité à rebondir à chaque album, plaçant ce « Carried To Dust » sous le signe des collaborations de longue date et longtemps espérées, sans jamais y perdre une once de personnalité, cette force d’identification qui le caractérise. Après un bref passage quelque peu plombé (« Garden Ruin » s’en prenait notamment au régime de Bush fraîchement réélu), le duo a retrouvé toute cette splendeur et cette chaleur qui ne va jamais sans cette classe dont il est seul capable à ce point. Rock, jazz, folk, country et musique latine: on a retrouvé le vrai Calexico, et ce n’est pas la moindre des bonnes nouvelles..

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