C.Aarmé – « World Music »

world180Album
(Spegel)
14/10/2009
Punk – Indie

Il aura suffit d’un album éponyme à C.Aarmé pour que le combo suédois, aidé par une distribution mondiale, se fasse définitivement sa place parmi les formations punk en devenir. Depuis, cinq ans sont passés, pendant lesquels le groupe a donné plusieurs centaines de concerts, a subi quelques remaniements internes suite à quelques sauts de caractère, et a même sorti un deuxième opus encore plus intense (« Vita » en 2006), totalement introuvable au delà des quelques sites de téléchargement scandinaves. Trois ans plus tard, on prend les mêmes et on recommence: l’excentrique Jessie Garon, à la voix désormais féminisée, accompagné de Ola Hakansson (guitariste originel) et des deux petits nouveaux que sont Johan Lagerlof (Kid Commando) et Patrik Herrström (Her Majesty), mène toujours cette milice punk sur les chapeaux de roue, bien que le son ait quelque peu évolué depuis les premières heures, et que de nouvelles idées aient germé. Car, bien qu’apparus comme de dignes descendants de Black Flag et Bad Brains il y a cinq ans, les suédois n’ont jamais raisonné en termes de genre musical, préférant de loin parler plus généralement d’expression, comme pour s’octroyer le droit de varier les plaisirs. Chose qu’ils appliquent encore avec beaucoup de cohérence sur « World Music », un nouvel opus offert au monde en dix versions différentes (!!!) tirées seulement à 50 exemplaires, qu’ils placent sous le signe du chaos contrôlé, d’une élégante brutalité, d’un train à grande vitesse qui se cramponne aux rails. La définition n’est pas mal vue, et une poignée de titres viennent parfaitement l’illustrer. A commencer par l’ouverture « British Breakfast Party » reposant sur d’incessants changements de rythme, « Old Shoes New Haircuts » et « Rythm » prouvant qu’énergie ne va pas toujours de paire avec une section rythmique au taquet, et « Angola » ou « Dustin » témoignant des nets progrès de composition. Mais le reste, même un léger ton en dessous car plus simpliste et souvent très tendu (« Andreas Karlsson »), n’a pas grand chose à leur envier, qu’il s’agisse du single « Bodybuilding », de « Dogs », ou des jouissifs autoroutes « Blodet », « Assuan » et « The Abyss Song ». C.Aarmé n’est donc plus ce qu’il était, mais est certainement meilleur encore tant il se plait à échanger les étiquettes, à déstabiliser le public, tout en maitrisant parfaitement un punk rock de grande classe, joué avec une certaine vision arty paradoxalement (ou volontairement) salie par une totale indépendance. Pour faire simple, disons finalement simplement que le groupe joue son truc à lui. Dommage seulement qu’il n’ait pas plus de monde à ses défilés.

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