C2C – « Tetra »

c2c180Album
(On and On/Mercury)
03/09/2012
Tetra pack

Placés sur un haut piédestal grâce à une indéfectible crédibilité gagnée à coups de multiples consécrations mondiales en équipe, les quatre Djs de C2C étaient logiquement très attendus au moment ou ils s’apprêtaient à sortir leur tout premier album depuis leurs débuts en 1998. Après un premier Ep très prometteur et des prestations live (quasi) unanimes saluées, « Tetra » arrive donc avec la difficile mission d’enfoncer le clou chez les convaincus qui ne cessent de louer l’efficacité du quatuor, et de tordre le cou aux détracteurs qui, au contraire, lui reprochent ses clins d’oeil dragueurs adressés au grand public.

Une chose est sûre, C2C n’est plus cette entité autrefois réservée au microcosme hip hop, et cela se vérifie à de nombreuses reprises au cours de ce « Tetra », toujours plus enclin à souligner sa variété et sa grande accessibilité qu’à tomber dans une démonstration technique forcément plus sélective. Du coup, si jusqu’ici le duel à distance avec Birdy Nam Nam pouvait donner lieu à un certain suspens, cet album marque définitivement les divergences entre ces deux groupes prouvant que l’outil ne fait pas forcément le chantier. Ainsi, contrairement au très bon « The Beat » qui annonçait finalement cette facette racoleuse de l’album, peu de doutes subsistent quant aux conséquences de morceaux formatés, trop franchement auréolés de velléités commerciales et grand public: « Because Of You (feat Pigeon John) » aux faux airs datés de Outkast et Gnarls Barkley, « Who Are You (feat Olivier Daysoul) » baigné des ambiances nu-soul chères à Hocus Pocus, l’electro-swing indigeste de « Happy (feat Derek Martin) », ou « Genius » emmenés par les incantations pop des prétentieux Gush sont autant de bâtons tendus pour se faire battre, et d’invitations à prendre parti.

Heureusement, à l’heure des comptes, ces quelques loupés sont minoritaires et ne peuvent résumer un « Tetra » qui possède indéniablement de bien meilleurs arguments quand on s’en va les chercher dans ses retranchements plus sombres, plus axés sur l’electro hip hop apprécié de ceux dont la culture musicale est un jour passée par Dj Shadow, mais aussi parfois par EdBanger. Là alors, au delà des excellents « Down The Road », « Arcades » et « F.U.Y.A » ayant pleinement contribué à mettre l’album sur de bons rails, les Nantais inversent la tendance en mariant subtilement leur efficacité à la finesse (« The Cell », « Give Up The Ghost » feat Jay-Jay Johanson) et à la mélodie (« Kings Season » feat Blitz The Ambassador et Ledeunff), comme en cédant finalement à la performance en allant se mesurer à d’autres doigts de fée (« Le Banquet » feat Kentaro, Netik, Rafik, Tigerstyle et Vajra). Finalement, même un peu « pute », et à défaut d’asséner la claque attendue, « Tetra » s’en sort pas mal: à vouloir absolument plaire à tout le monde, il aurait pu ne satisfaire personne.

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