C Duncan – ‘The Midnight Sun’

Album / Fat Cat / 14.10.2016
Magie blanche écossaise 2, le retour

On aimerait parfois, à l’aube d’écouter son deuxième album, découvrir un artiste pour la première fois. Encore plus quand la première livrée a été aussi belle et passionnante qu’Architect, sorti il y a tout juste un an. Le disque fut réécouté tant de fois qu’il a laissé en nous une empreinte indélébile dont on voudrait pourtant se débarrasser au moment de découvrir The Midnight Sun. Car l’attente est terrible, presque angoissante. C Duncan est-il parvenu a rééditer ce qui nous était apparu comme le petit miracle pop de l’automne dernier ?

Après de nombreuses écoutes, le doute n’est plus permis : The Midnight Sun parvient à s’élever aussi haut que son prédécesseur alors même qu’il évolue dans un registre différent, plus électronique. Moins abordable qu’Architect qui avait pour lui l’immédiateté pop des plus grands chefs-d’oeuvre, plus complexe sans doute dans son enchevêtrement de synthés merveilleux, ce deuxième album, déjà terminé lorsque nous avions rencontré Christopher en mars dernier, ne révèle toute sa magie qu’au gré d’écoutes attentives. Si c’était déjà le cas sur quelques titres d’Architect, C Duncan semble s’être cette fois totalement abandonné dans les bras d’une dream pop directement inspirée des Cocteau Twins, son groupe favori. On voyage ici dans les années 80, mais le son est bien celui de C Duncan, désormais reconnaissable entre mille et envoûtant dès les premières notes de ‘Nothing More’ qui ouvre l’album sur des boucles et des nappes électroniques planantes. Les voix se confondent avec les synthés et sont empilées à l’infini, jusqu’à former un extraordinaire escalier avec accès direct pour le soleil, unique moyen de percer l’épaisse couche de brume dessinée par ce Midnight Sun mélancolique à souhait.

Incroyablement rêveur, quoiqu’un peu trop sur le final ‘Window’, un ton en-dessous de l’ensemble, mais tout à la fois plus sombre que le lumineux Architect, The Midnight Sun est en tout cas le pari réussi d’un artiste désireux de se renouveler sans briser le formidable élan qui l’avait propulsé sous le feu des projecteurs en 2015. Avec comme fil conducteur de ces deux albums un don exceptionnel pour écrire de fabuleuses chansons, appelées à glisser inlassablement sur les ailes du temps.

‘Nothing More’, ‘Like You Do’, ‘On Course’, ‘The Midnight Sun’

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