C Duncan – ‘Architect’

Album / Fat Cat / 25.09.2015
Magie blanche écossaise

Bienheureuse Ecosse. Alors qu’elle comptait déjà au rang de ses trésors nationaux ‘Flowers of Scotland’, l’un des plus beaux hymnes du monde, et quelques groupes mythiques comme The Blue Nile, voilà qu’elle sort de son coffre à merveilles C Duncan, 26 ans et désormais un album exceptionnel au compteur. Né de parents musiciens classiques, et formé au Royal Conservatoire of Scotland, Christopher Duncan a peaufiné chez lui, dans son appartement de Glasgow, cet ‘Architect’ aux influences multiples, pour lequel il a absolument tout fait tout seul, de la composition à la réalisation, empilant une à une les couches sonores pour en faire un délicat parterre de velours apte à flatter les plus exigeantes oreilles.

Du bout de ses doigts agiles, le jeune homme fait ainsi jaillir la magie blanche pratiquée par les plus grands sorciers de la pop music. N’ayons pas peur des mots : ‘Architect’ est un disque d’une intensité rare, un album captivant à chérir précieusement jusqu’à la fin des temps. Quelques délicates touches électroniques enivrantes apportent un soupçon de modernité à une œuvre au classicisme exacerbé (formidable trilogie d’ouverture ‘Say’, ‘Architect’, ‘Silence And Air’). Née de l’environnement familial, la formation musicale de C Duncan est là, dans chaque note, derrière chaque arrangement méticuleux, et l’Ecossais y mêle une folk exquise des temps anciens, un art choral célébré en leur temps par Crosby, Stills & Nash (‘For’) ou un psychédélisme pop joyeux que n’auraient pas renié Brian Wilson et ses Beach Boys (‘Garden’). Quant à l’ultime plaisir, ‘I’ll Be Gone By Winter’, il a la classe des ballades simples et pures entendues chez Colin Blunstone ou les Eagles.

Incroyablement riche, ‘Architect’ est tout aussi lumineux que le premier album des Fleet Foxes sorti en 2008 ; il est donc ici question de cette lumière si spéciale, si douce et si caressante qui berce de vastes étendues de nature immaculée quand vient le jour (‘New Water’ porte si bien son nom…). Une lumière bénie, perçant la brume, qui ne semble pouvoir émerger qu’à la naissance d’un diamant brut, et C Duncan en est un, assurément. Baroque, génial et audacieux, follement mélodieux et animé d’une grâce souvent trop belle pour être évoquée avec de simples mots, ‘Architect’ est un disque puissant, de ceux qui ne nous quittent plus dès la première écoute, tant et si bien que l’on veut les écouter encore et encore, jour après jour, et les laisser longtemps grandir en nous. Jusqu’à toucher les cieux avec eux.

‘Architect’, ‘Silence And Air’, ‘Garden’, ‘New Water’

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Une réponse à C Duncan – ‘Architect’

  1. François 27 décembre 2015 à 23 h 47 min #

    Je confirme. Sublime.

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