Busdriver – « RoadKillOvercoat »

RoadKillOvercoat[Album]
12/02/2007
(Epitaph/Pias)

À l’instar de Dose One, qui dit Busdriver pense immédiatement à la caractéristique majeure du Mc californien: un flow débité à la vitesse de la lumière. Un trait artistique qu’il a longtemps mis en avant, que ce soit au sein des labels Mush ou Big Dada qui l’ont accueilli avant qu’il ne décide de rejoindre Epitaph, et son catalogue hip hop en pleine ascension. Il faut dire qu’à l’écoute de ce « RoadKillOvercoat », ce choix se justifie tant il sonne original au sein de la nébuleuse hip hop plutôt en berne, qu’elle soit classique ou soi disant alternative

Busdriver passe incontestablement un cap, délivre sans aucun doute son meilleur opus, joue la carte de la diversité rendant son flow moins indigeste sur la longueur qu’il ne pouvait l’être auparavant. S’il y a bien une certitude, c’est celle que le bonhomme a mis de grosses ambitions dans ce nouvel essai, a pris son temps pour taper haut et fort et marquer les esprits. Pour cela, il a fait appel à deux producteurs de génie et à la complémentarité insoupçonnée. En effet, Dj Nobody et Boom Bip se passent le relais pour emmener Busdriver encore un peu plus loin, dans les moindres retranchements de sa personnalité artistique finalement sans limites. À tel point que parler de hip hop indépendant à son sujet revient à minimiser son impact. Regan Farquhar, de son vrai nom, voit désormais bien plus loin que cela, vise clairement un public plus large, n’hésitant pas à employer les termes de « pop » et « dance » (« Sun Showers ») de plus en plus récurrents dans le hip hop actuel. Voilà une démarche presque putassière dans laquelle beaucoup se seraient lamentablement vautrés. Mais Busdriver n’est finalement pas n’importe qui, pas seulement ce mec qui déblatère plus vite que les autres

Cette différence, qu’on pourrait autant mettre sur le compte du talent que de l’inexplicable, fait mouche tout au long de ce « RoadKillOvercoat », varié (le « Kill Your Employer » à lui tout seul) mais incroyablement cohérent. Le temps d’une douzaine de titres avalés en à peine trois quarts d’heure, on navigue donc entre suites logiques et exercices plutôt classiques pour qui connaît son background (« Casting Agent And Cowgirls », « Pompous Posies! Your Party’s No Fun », « (Bloody Paw On The) Kill Floor »), et de vraies prises de risque récompensées puisqu’amenant à totalement reconsidérer Busdriver. Parmi celles-ci, on retiendra surtout le pachydermique « The Troglodyte Wins », l’electro « Less Yes’s More No’s », et tous ces tubes sur lesquels il ralentit la cadence et s’est décidé à chanter (« Secret Skin », l’acoustique « Dream Catcher’s Mitt », l’electro pop « Sun Shower »)

On finissait par croire que Busdriver était trop prévisible pour définitivement s’imposer. En fait, Regan Farquhar avait plus d’un tour dans son sac et passe magistralement, avec ce « RoadKillOvercoat », d’une intéressante marginalité à quelques belles longueurs d’avance. Une réelle performance à l’heure où les artistes courent après les attentes de leur public plutôt que le contraire. Une des belles pièces de l’année, incontestablement..

En écouteLess Yes’s More No’sThe Troglodyte Wins

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