Busdriver – « Jhelli Beam »

bus1801Album
(Anti)
09/06/2009

Le problème avec les Mcs totalement atypiques du genre de Busdriver est qu’ils n’ont pas vraiment d’autres choix que de se réinventer à chaque album. Complètement prévisibles dans le flow, ils ont alors tout intérêt à soigner le décor de leurs joutes verbales pour ne pas tomber dans l’éternelle répétition. A privilégier le fond également, ce que nous petits Français ayant misérablement séché les cours de compréhension orale, sommes incapables de juger étant donné le débit inégalable du bonhomme en question. Jusque là, le Californien s’en était pas mal tiré, et à ce petit jeu « RoadKillOvercoat », dernier album en date, donnait quelque part une belle leçon dans la gestion de l’originalité et de l’efficacité. Bizarrement, il en est tout autrement avec ce « Jhelli Beam ». Non pas qu’il soit déjà entendu puisque Busdriver possède désormais assez d’expérience pour se blanchir de ce côté ci, juste que les délires lyriques de cette pile électrique à deux pattes commencent sérieusement à fatiguer. Dans le viseur, « Me-Time », vitrine éreintante qui épuise une recette de sample déjà employée sur le « Imaginary Places » de « Temporary Forever ». Heureusement, de tels loupés ne sont pas légion, et « Jehlli Beam » se rattrape in extremis à la rampe grâce à quelques titres canalisés (« Split Seconds » par Nosaj Thing, « Quebec And Back »), la qualité irréprochable de ses productions (« Handfuls Of Sky » flirte avec TV On The Radio, le jazz rock « World Agape », « Fishy Face » hérité du savoir faire de John Dieterich de Deerhoof), ou le moindre featuring (Nocando sur « Least Favorite Rapper », Myka 9 sur « Manchuria ») donnant un peu d’air à ce disque. Car à cause de quelques excès dictés par la volonté absolue de se démarquer, de prendre une longueur d’avance sur ses homologues qu’il ne se prive pas d’épingler ici ou là, Busdriver fait de ce « Jehlli Beam » une expérience cérébrale aussi passionnante que prétentieuse. Certes, ce mec là a des tonnes de choses intéressantes à dire, mais rien qui ne puisse rivaliser cette fois avec l’étincelante inspiration des producteurs ici présents, dont lui-même fait d’ailleurs partie. Ainsi, et pour la première fois, on n’a jamais autant souhaité qu’il ferme sa gueule.

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4 réponses à Busdriver – « Jhelli Beam »

  1. gave 28 juin 2009 à 22 h 28 min #

    Cette chro sans profondeur ne sert à rien

  2. primat 28 juin 2009 à 22 h 55 min #

    tournée générale

  3. bouffematchatche 29 juin 2009 à 20 h 02 min #

    ainsi et pour la premiere fois, on n’a jamais autant souhaité que vous fermiez votre gueule !

  4. Cedric 9 juillet 2009 à 11 h 13 min #

    Ben perso, j’adhère pas mal à cet article !
    J’ai toujours été impressionné par le flow du bonhomme et bluffé la première fois que je l’ai vu sur scène (y’a un paquet d’années, il avait encore ses locks) !
    Mais depuis je l’ai revu sur scène plusieurs fois et j’ai revu le meme show, les mêmes ficelles, les même morceaux et à force, je fatigue …
    Dommage !

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