Burning Heads – « Taranto »

Taranto[Album]
17/03/2003
(Yelen/Sony)

Nous n’allons pas faire sonner la Marseillaise aujourd’hui car ce n’est certainement pas ce qui tourne sur les platines des Burning Heads. Mais quand même, la sortie d’un nouvel album des orléanais reste toujours un événement qui secoue le petit monde du rock français comme Noir Désir, à chaque album, peut redorer l’image de la jeunesse politisée française auprès des lecteurs de Télérama! « Taranto » est ni plus ni moins le septième album d’un groupe qui avance tête baissée, imperméable aux modes et aux étiquettes, mais sensible au monde qui l’entoure. Pas besoin de campagne électorale pour que les Burning Heads l’ouvrent en grand, il leur suffit juste de sortir du studio, bandes sous le bras, pour laisser s’échapper ces caractéristiques coups de gueule qu’il est toujours bon d’entendre. Non, le punk rock français n’est pas mort; oui, la jeunesse française a encore beaucoup de choses à dire

Beaucoup pensaient que « Opposite », leur précédent album reggae, marquerait un tournant critiquable de la carrière du groupe et que l’on n’entendrait plus jamais la furie enflammée d’un « Escape ». Que nenni! Il suffit juste d’écouter les dix sept brûlots punk rock de cet album pour en être convaincu et se demander si cette escapade en contre temps n’a pas plutôt servi au très bon résultat de ce nouvel opus. Car le quatuor n’y va pas de main morte. « An 01 » annonce fièrement la couleur avec sa rage difficilement contenue, « Globalize » viendra vous trancher le système auditif avec ses guitares incisives et son refrain entêtant (comme celui de « Happyness »), « Bush a Bush » vous mettra une bonne et méritée claque dans la gueule tandis qu' »Autopilot Off » restera dans les annales du punk français tout comme le renversant « Dedication ». Mais si les Burning peuvent s’avérer ici des plus colériques avec leurs tempos décoiffants (« The Club », « Inner Conflict »), ils savent aussi, en groupe mature, jouer sur la diversité et les contrastes avec des compositions plus pop (« Neon Skies », « Good Bye »), plus mid-tempos (« Sit & Watch », le superbe « Push Me », « She Said ») ou même tout simplement rock (« Freak And Stars », « Pense Bête »). Toujours aussi généreux, le quatuor nous gratifie en plus de tout cela d’une reprise des Ruts (« Babylon’s Burning ») et de quatre vidéos pour les irréductibles comme nous qui n’en n’auraient pas eu assez

« Taranto » sonne comme une bonne bouffée d’air frais en ces temps d’instabilité malgré tout préoccupante. Il est toujours bon d’entendre des gens, et encore plus des artistes, s’élever en punk rock contre le désordre mondial. Les Burning Heads accouchent donc ici d’un album incontournable et continuent d’avancer, imperturbables tels des blindés humanitaires, sans tomber dans la tendance et tout en apportant un maximum de plaisir à leur auditoire. C’est à cela que l’on reconnaît un éternel monument musical

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