Buju Banton – « Friends For Life »

Friends For Life[Album]
12/03/2003
(Anti/Pias)

Si Buju Banton est une figure principale de la scène reggae ragga, il a cependant été maintes fois critiqué à cause d’albums (en particulier « Unchained Spirit ») n’ayant pas fait l’unanimité. Le public, resté sur des albums mythiques tels que « Til Shiloh » ou « Inna Heights », a, depuis toujours, recherché un équivalent et attend toujours avec impatience une nouvelle sortie discographique de cet acteur principal de la scène agissant depuis maintenant treize ans. « Friends For Life » suscite donc un intérêt considérable dans le but d’en savoir plus sur l’évolution artistique de l’artiste

Buju Banton semble avoir laissé de côté son engagement politique en abordant des sujets moins virulents tels que les femmes en général et s’est ouvert plus largement musicalement en apportant des couleurs hip hop (« Damn ») voir même Rn’b (« Tra La La », « Maybe We Are », « Friends For Life ») à sa base ragga. « Friends For Life » nous fait découvrir une nouvelle facette de son chant puisque le jamaïcain s’efforce à chanter plus que toaster comme lors de ses précédents opus (on retrouve l’ambiance de « Inna Heights » sur des titres tels que « One To One »). On note également une volonté évidente de s’ouvrir à un public plus large et de se détacher des nombreux préjugés qui le poursuivent (« All Will Be Fine », « La Da De Da »). Ainsi, les compositions de cet album empruntent des sonorités live (« Pensive Mood ») au détriment d’une couleur habituellement digitale, le choix des invités y est également pour beaucoup puisque viennent l’épauler des artistes tels que Fat Joe, Wayne Wonder ou Nadine Sutherland. Le point noir de ce long format ou, en tous les cas, ce qui étonnera le plus est cette production constamment aseptisée qui semble parfois ôter l’énergie de certains morceaux jusqu’à les rendre quasiment plats (« Paid Not Played »). « Friends For Life » contient cependant quelques titres intéressants tels que « Hooked On The Love », le rocksteady « Feeling Groovy » ou le reggae « Mr Nine »

Les puristes du genre n’ont encore pas fini de s’acharner sur la maturité grandissante de Buju Banton. L’artiste évolue, s’éloigne des stéréotypes, se démarque de ses confrères et cible résolument un public plus large sans toutefois ne jamais tomber dans une soupe ragga commerciale. Les avis divergeront mais la démarche reste respectable au sein de cette scène définitivement en besoin d’un souffle nouveau…

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