Buck 65 – « 20 Odd Years »

buck180Album
(Warner)
31/01/2011
Hip pop

A chaque album sa couleur. Telle est certainement la façon dont Buck 65 envisage chacun de ses disques, tous évidemment bien ancrés dans ce hip hop qui l’aura révélé, et auquel il restera attaché, bien que son originalité artistique puisse aisément lui permettre quelques infidélités. D’ailleurs, à l’écoute de ce « 20 Odd Years », on croirait presque assister à quelques appels du pied, comme à une poignée de clins d’oeil coquins du Canadien envers le monde de la pop aux douceurs formatées, parfois enviable pour sa facilité insolente à se voir ouvrir les portes de n’importe quelle chaumière. Pourtant, bien qu’il sache progresser sur n’importe quel terrain musical, son flow de crooner, très atypique car majoritairement monotone, peine toujours à s’adapter aux autres voix, à s’acclimater à un univers vocal totalement différent du sien. Un constat qui peut d’ailleurs s’appliquer à n’importe quel MC. Nouvelle vérification ici.

Malgré tout, c’est le défi que Buck 65 semble avoir voulu relever en multipliant ici les invitations, parfois surprenantes et malheureusement pas toujours de bon goût. Ainsi, bien que musicalement toujours très intéressant et abouti, « 20 Odd Years » va donc encore en déboussoler quelques uns. Car si le Canadien se montre à la hauteur des attentes de son fidèle public quand il évolue seul (« Superstars Don’t Love », « Zombie Delight », l’excellent « She Said Yes », « Lights Out »), propose quelques associations fortes qui ne manqueront pas de valoriser cet album (« Gee Wiz » avec Nick Thornburn, « Whispers Of The Waves » avec Gord Downie), d’autres en revanche sont saisies par un trop fort contraste entre deux mondes musicaux trop différents pour parfaitement s’acclimater. C’est le cas des trop racoleurs « Stop » (feat Hannah Georgas) et « Final Approach » (feat Marie Pierre Arthur), de « Smaltown Boy » définitivement plombé par ce refrain de Bronski Beat interprété par Gentleman Reg, ou de cet imbuvable « Tears Of The Heart » interprété par une Olivia Ruiz – seule non-canadienne de l’épreuve – manifestement incapable de varier son registre. Du coup, si ce « 20 Odd Years » contient assurément de belles choses, on ne peut s’empêcher de pousser un long soupir de soulagement à l’idée d’avoir échappé à Coeur de Pirate. Parce qu’on n’est certainement pas passé loin.

Disponible sur
itunes19

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Une réponse à Buck 65 – « 20 Odd Years »

  1. mat 17 mars 2011 à 12 h 31 min #

    Une interview intéressante vu ici http://www.pure-channel.com/spotlight/light-show-interview/544/buck-65

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