Broadway – « Enter The Automaton »

Enter The Automaton[Album]
07/04/2008
(Jarring Effects/Discograph)

Si « 06/06 am », premier album introspectif entre post rock et electronica, a contribué à inscrire Broadway sur la carte musicale française, c’est à n’en pas douter sa collaboration avec Angil pour « The John Venture » qui l’aura rendu incontournable. Marié avec le folk mélancolique de son collaborateur d’un temps, le groupe se rapprochait alors délicieusement des derniers délires Anticon, revenu de sa stratosphère hip hop avant gardiste qu’il laissait finalement aller à quelques délires de pop bidouillée façon electro, en profitant pour ajouter une belle pierre à l’édifice musical hexagonal. C’est donc enrichis d’une expérience en tout point revigorante que les stéphanois ont repris le chemin du studio pour bâtir « Enter The Automaton », un deuxième édifice solidement coulé dans un capital confiance en béton armé, synonyme d’émancipation et de liberté.

Car Broadway a clairement évolué entre ses deux disques, et « The John Venture » n’y est certainement pas pour rien. Comme s’il avait cette fois fermement décidé d’imposer ses arguments, laissant sa fragilité timide d’antan derrière lui pour n’en garder que la sensibilité, celle qui inonde ce nouvel album, à la fois dans l’approche et dans de délicieuses mélodies. Car, signe d’une maturité incontestable, il aura fallu que le trio remette en cause l’utilisation des machines pour amener cette chaleur instrumentale qui élève ce « Enter The Automaton » au niveau de son prédécesseur partagé. Du coup, le chant a su jouer des coudes pour se faire sa place, tout comme les instruments (guitare, contrebasse, piano) rappelant avec tact et politesse à l’électronique qu’elle n’est rien lorsqu’aucun homme n’est là pour la dompter

Alors, quand il aligne quelques pépites aux mélodies nordiques soufflés par Sigur Ros, légèrement réchauffées ensuite par Radiohead, et marquées par ce souci du détail cher à la rigueur allemande d’un Notwist (« Letters In Hearts »), Broadway redevient un magnifique groupe de pop (le sublime « Caution Wet Floor ») plutôt que la jolie source d’inspiration cinématographique qu’il est pourtant encore en de plus rares occasions (« I Second »). Et cela, sans aucun regret ni complexe d’infériorité. D’autant que ce « Enter The Automaton » rayonne de cohérence, qu’il opte pour des ambiances intimistes car minimalistes (« Automatons ») ou nettement plus affirmées, comme sur le linéaire et bruitiste « Stop Motion », ou le « High Treason » à la place toute trouvée, bien calé entre Why? et Son Lux

Le décor bien planté du trio ne s’arrêtant pas historiquement à la musique, il enfonce un peu plus le clou avec le travail visuel de Vj Raize. Signe d’une réelle évolution là encore, ses illustrations s’enrichissent de couleurs et de rythmiques qui finissent d’emmener l’auditeur, piqué par une beauté vénéneuse, dans un monde toujours très personnel, définitivement envoûtant, invitation au doux rêve comme à chaque fois que Broadway s’illumine..

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