Brisa Roche – « Takes »

Takes[Album]
05/11/2007
(Discograph/Discograph)

Lorsque le nom de Brisa Roché apparaît dans un article, celui de Björk arrive généralement quelques lignes plus bas. Si elle est flatteuse, cette comparaison semble toutefois davantage motivée par un joli minois mi-esquimau mi-sauvageonne et/ou par des excentricités vestimentaires que n’auraient pas reniées la diva islandaise. En revanche, en terme d’univers musical ou de spectre vocal, les deux femmes n’ont pas vraiment grand chose en commun, si ce n’est une sensualité certaine

On a découvert cette Californienne globe trotteuse il y a deux ans avec un premier album soul pop signé sur Blue Note. Si « The Chase » contenait quelques tubes imparables, l’ensemble du disque restait néanmoins trop irrégulier pour convaincre complètement (malgré la présence de Seb Martel et Nicolas Repac, généralement gages de qualité). L’annonce d’un nouvel album davantage orienté folk/pop (qui a dit « encore un »?) n’allait donc pas risquer de mettre en péril notre pacemaker de vieux chroniqueur blasé. Et pourtant..

Déjà, la pochette de ce « Takes » est super classe, il faut le dire. La demoiselle semble vouloir nous signifier qu’elle s’est mise à nu dans ce nouveau disque, que le son demeure son dernier oripeau, et que les artifices clinquants du passé appartiennent bel et bien au passé

Une seule écoute suffit en effet à comprendre que Brisa Roché a enrichi son écriture, qu’elle est allée au bout de ses idées pour ce second album. Les morceaux sont évidents, très inspirés par les 60’s, sans pour autant ressembler à tout ce qui se fait en ce moment. L’album enchaîne même les tubes potentiels avec une facilité déconcertante: l’entêtant « Breathe In Speak Out », l’excellent « Heavy Dreaming » (qui sonne comme un inédit de The Vaselines), le mélancolique « Drum »… et peu ou prou les douze (bon, allez, treize, on va tuer le suspense dans l’oeuf) autres titres qui suivent. Vraiment pas facile d’extirper des morceaux plutôt que d’autres pour vous donner envie. On se doit quand même de citer également « Whistle » et ses sifflements qui nous trottent dans la tête depuis des jours, « The Building » et son refrain velvetien, l’enjoué « Without A Plan » ou le plus électrique « Pitch Black Spotlight »… « The Takes » est plus homogène que son prédécesseur, et réussit ainsi la prouesse d’affirmer le talent de sa génitrice dans une niche pourtant surpeuplée en ce moment

Si on doit chipoter, on bémolisera que l’album est peut-être un poil trop long, et encore, c’est vraiment parce qu’on nous met le couteau sous la gorge. Le fond de notre pensée, c’est que Brisa Roché signe une vraie réussite d’autant plus réjouissante qu’on ne s’y attendait pas. Avouons que l’inverse est malheureusement plus fréquent..

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