Braid – ‘No Coast’

Album / Topshelf / 08.07.2014
Midwest Emo

On savait que la musique était un éternel recommencement. On sait depuis quelques temps maintenant que les vieux groupes ne sont jamais morts, tous capables qu’ils sont de renaître soudainement de leurs cendres. Alors que l’émo a trouvé en Topshelf son Vagrant ou son Doghouse d’aujourd’hui (les anciens comprendront), et s’offre une étonnante résurrection sous l’impulsion de groupes comme Empire! Empire! ou You Blew It!, le genre voit aussi réapparaître de vieilles formations. En veille depuis qu’il avait lâché à la fin des années 90 son album ‘Frame & Canvas’ rivalisant alors avec le meilleur des Get Up Kids, Promise Ring et Jimmy Eat World, Braid officialise son retour en rallumant une discographie vierge de tout mouvement depuis seize ans. Loin de lever le voile sur un groupe assagi, ‘No Coast’ transpire au contraire une jeunesse retrouvée, comme une volonté d’en découdre avec une nouvelle génération bien décidée à prendre la place de ses ainés. Pas question donc pour Braid de révolutionner le genre, seulement d’afficher bien haut une envie retrouvée, surtout un savoir faire aussi intact que digéré qui n’a pas manqué de s’enrichir sous le coup de l’enthousiasme. Ainsi, on découvre les voix de Bob Nanna et Chris Broach plus complémentaires que jamais (‘No Coast’), et surtout des mélodies on ne peut plus affûtées, tellement plus évidentes que par le passé (‘East End Hollows’, ‘Damages!’, ‘Many Enemies’), faisant soudainement remonter tous les bons souvenirs de ce sacro saint émo du Midwest qui, il y a vingt ans, multipliait les éclairs de génie midtempo. Aussi convaincant dans sa fougue que lorsqu’il trahit sa maturité via des compositions plus retenues et travaillées (‘Put Some Wings On That Kid’, ‘Doing Yourself In’), Braid justifie pleinement son retour, laisse même espérer qu’il ne soit pas que furtif.

‘East End Hollows’, ‘Damages!’, ‘Many Enemies’

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire