Bracken – « We Know About The Need »

We Know About The Need[Album]
29/01/2007
(Anticon/Differ Ant)

On vous l’annonçait il y a quelques temps, Anticon dépasse désormais les frontières américaines et signe son premier artiste étranger, Bracken. Une rencontre qui n’est pas née du hasard puisque Chris Adams de son vrai nom évoluait autrefois au sein du groupe anglais Hood, chez Domino à l’époque, qui avait notamment invité Dose One à poser sa voix nasillarde sur un de ses morceaux. Le monde est petit, et se recoupe donc. Avant cela, le jeune homme a suivi le parcours typique de l’Anglais reclus dans un arrière-pays ne proposant rien d’autre que la débrouillardise. Ainsi, il s’est mis à la musique comme d’autres se lancent dans le soccer, en enregistrant quelques démos à l’aide d’un quatre pistes et d’un walkman, en écrivant pour divers fanzines, ou en designant quelques pochettes de disques imaginaires. Une créativité qui l’amena peu à peu à monter Hood, ce groupe autrefois apprécié de beaucoup pour ses mélanges sans cesse évolutifs et imprévisibles de guitares pop, de basses dub et de rythmiques électro.

L’aventure de groupe arrivée sur sa fin, Adams décide alors de continuer seul, avec comme ambition pour Bracken de sonner comme « un groupe de pop rigide éclatant ensuite en milliers de morceaux ». Et il ne croyait pas si bien dire puisque, bien que partant avec quelques idées bien précises en tête, l’Anglais a finalement abouti à une grosse dizaine de titres inattendus, nés de quelques collages spontanés formant, au final, un tout audible et intéressant. Ce « We Know About The Need » surprendra donc tout le monde sauf les adorateurs de Hood, plutôt habitués à ce genre de démarche et à ce rendu final aux quelques similitudes. Parmi les titres les plus parlants et réussis, l’ambitieux et doux « Heathens », aux mélodies touchantes bien que peu évidentes, se frotte à un dub profond s’intégrant parfaitement à l’ambiance pop de l’album. Par la suite, Bracken suit ce fil rouge entre sons électroniques et organiques, arrangements complexes, et émotion. Et grâce à des titres aussi particuliers que « Of Ahtroll Slains », « Safe Safe Safe » ou « Four Thousand Style », ainsi que quelques passages venus d’une autre planète (« Evil Teeth »), il parvient à tisser une véritable cohérence globale. D’où ce rapprochement finalement logique avec les marginaux d’Anticon, et quelques-uns de ses artistes, Odd Nosdam et Why? en tête.

Mais Bracken est encore différent, complète le catalogue du label avec une vision de la musique plus légère et planante, et interpelle l’auditeur avide de nouvelles découvertes. Mais à l’instar de Hood, ne rentre pas qui veut dans l’univers de Bracken. Et en trouver la clé ne suffit pas, encore faut-il s’y sentir familier. Là aussi, ce n’est pas gagné d’avance tant l’Anglais marche sur des oeufs, et ne surfe sur aucun genre aisément qualifiable. Une expérience à tenter…

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