Boys Noize – « Out Of The Black »

boys180Album
(Boys Noize Records)
08/10/2012
Techno

Après deux albums bien accueillis (« Oi Oi Oi » et « Power« ) qui comportaient indéniablement leur petit lot de tubes respectif, on croyait Boys Noize invincible et encore bourré de bonnes idées, toutes capables de relancer la machine techno par la force de leurs kicks. Pas de chance, rien est jamais acquis, et ce « Out of the Black » est bien la preuve qu’il est temps pour le jeune allemand de changer son fusil d’épaule.

On connaît ses capacités de mimétisme, celles qui lui permettent de s’approprier les genres en y insufflant sa personnalité. On l’a vu au travers de récentes collaborations avec Gonzales, Erol Alkan ou Mr Oizo, et autant dire qu’avec ce troisième opus, on est ici bien loin de cette inventivité caractéristique. La preuve dès le gimmick de départ « This is what you want, this what you get » sentant le manque d’inspiration à cent mètres à la ronde. Même si l’efficacité des riffs électro n’est pas à nier, la seconde piste – où le mot « XTC » est scandé à foison – n’est rien d’autre qu’un tube grossier qui ne fait que remuer le couteau dans la plaie. Sur « Rocky 2 », même combat. Alex Ridha enregistre sans scrupule un mélange de rock et de grincements insupportables, pendant que des tracks comme « Conchord » peinent à réellement décoller. Le bonhomme finit même par piquer les idées à ses recrues (le néanmoins punchy « Missile » qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un morceau des Petits Pilous) comme à ses idoles, à l’image de « Ich R U » sur lequel quelqu’un s’amuse à appuyer frénétiquement sur le clavier d’un ordinateur V-tech, copiant alors maladroitement les Daft.

C’est répétitif, déjà entendu, mais certains morceaux comme le sombre exercice grime « Circus Full of Clowns » parviennent tout de même à nous arracher un mouvement de tête. Pourtant, on se demande pourquoi le producteur, jadis si apte à faire rebondir ses tracks à tout moment, prolonge le calvaire une heure durant, en y accumulant les fautes. Comme si, par manque de temps entre les tournées et le management de son label BNR, il avait embauché un stagiaire pour faire le boulot à sa place. Même cette collaboration finale avec Snoop Dogg (« I’ll House You » et tous ses clichés du genre) ne parvient pas à nous empêcher d’appuyer sur ce bouton Stop qui nous fait les yeux doux depuis l’entame. Et pour terminer sur une note positive, parce que Boys Noize le mérite quand même, sachez que le même album joué sur scène, son géniteur perché sur sa tête de mort géante, vaut tout de même le coup d’oeil!

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