Botibol – « Born From a Shore »

Botibol – « Born From a Shore »

boti180Album
(Hiphiphip)
28/02/2011
Pop folk

Depuis quelques semaines, Mowno vous relate quelques exploits du collectif Iceberg, notamment via la sortie de l’EP des Crane Angels. L’effervescence autour de cette formation bordelaise ne devrait pas faiblir puisqu’après deux maxis, le premier album de Botibol voit déjà le jour. Car le hasard n’existe pas: c’est un membre de la fameuse chorale pop – Vincent Bestaven – qui se cache derrière ce patronyme répondant au doux nom d’un héros de Roald Dalhl. Le cumul des mandats ne semble d’ailleurs pas gêner ce dernier, et c’est tant mieux car « Born From a Shore » est d’une classe inattendue, baigne dans l’émotion. Rares sont les albums aussi maitrisés.

Si Botibol s’aventure sur des terrains déjà mainte fois parcourus, le compositeur bordelais livre une première mouture impeccable avec une nonchalance déconcertante. Chaque titre de ce « Born From a Shore » se laisse guider par une voix lumineuse, pour évoluer dans des paysages vallonés, regorgeant de chemins toujours plus sinueux. Long de douze morceaux, l’opus réussit le tour de force de ne jamais surenchérir, distillant avec parcimonie des mélodies désarmantes, sublimées par des arrangements inspirés. Les points culminants de ce disque trouvent également écho dans les compositions les plus vierges –  »3am »,  »Dancers » – et chaque nouvelle écoute dévoile son lot de surprises. Alors, « Born From a Shore » sait se faire dépouillé, et lorsque la pop symphonique y laisse place au folk, Botibol atteint de nouveau des sommets.

Ce songwriting est d’une profondeur rare, et peut même se laisser aller à  un périlleux exercice de style sur  »We Were Foxes », titre ponctué d’un refrain français naïf à souhait, sans souffrir de ridicule. Après tout, la spontanéité affichée tout au long de cet album ne peut qu’entrainer l’auditeur dans l’exaltation. Plein d’emphase, ce disque joue avec nos tripes en alternant légereté et errance. Discrète mais cohérente, la batterie minimaliste des Crane Angels (jouée par Arch Woodman sur scène) contribue aussi à l’ampleur de certaines compositions de ce « Born From a Shore » étalant un génie incontestable le long de douze morceaux écrits avec minutie. Du coup, Botibol apporte au moins autant au folk que ce que François Virot et Boogers ont respectivement amené au rock l’année passée: une sincérité, une fraicheur et un talent exemplaire à tous les niveaux. Bientôt un  »must-have ».

Disponible sur
itunes8