Born Ruffians – « Birthmarks »

born180Album
(Yep Roc / Paper Bag)
22/04/2013
Pop atomique

Si, à première écoute, on peut supposer que les compositions de « Birthmarks » n’ont rien d’exceptionnellement originales, que les mélodies sont parfois convenues, que le chant est parfois trop sophistiqué, qu’il n’est pas à la hauteur de l’impeccable album solo de Luke Lalonde sorti il y a quelques semaines, il faut reconnaître tout de même que, dès la deuxième, le troisième album des canadiens de Born Ruffians finit par convaincre. D’abord parce ce que le trio, anciennement signé chez Warp, n’a rien perdu de sa fougue post-ado, mais surtout parce qu’il continue de prendre l’auditeur à rebrousse-poil.

Dès l’ouverture (« Needle »), on réalise que « Birthmarks » est très finement écrit, masquant sous des allures de gentils petits hymnes pop colorés une intensité et une myriade de refrains en cavalcades, quasiment tous plus jubilatoires les uns que les autres. Mais son énergie est ailleurs: dans les tubes instantanés que sont « Permanent Hesitation » et « Cold Pop », dans la délicatesse de « With Her Shadow » où plane l’esprit de Paul Simon, ou encore dans les arabesques rétrofuturistes de « Dancing On The Edge Of Our Graves ».

C’est aussi parce qu’il est capable d’être à la fois souillon et propret, bien que parfois un peu too much (« 6-5000 »), que « Birthmarks » peut légitimement prétendre au top de fin d’année, voire à la postérité. Déjanté, bordélique ou romantique, Born Ruffians a beau parfois s’égarer, comme sur l’ultime « Never Age », il conserve malgré tout une élégance et une naïveté fascinante. D’où le paradoxe, au final plus évident qu’il n’y paraît à la première écoute, de cet album torsadé, obsédé par l’élégance et la modernité, mais finalement sauvé par des mélodies ébouriffantes, acrobates et brillantes.

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