Bomb The Bass – « Future Chaos »

Future Chaos[Album]
15/09/2008
(!K7/Pias)

Avec, au compteur, un dernier véritable album remontant à 1995, l’annonce faite l’an passé par Tim Simenon, claironnant un nouvel album de Bomb The Bass, n’a pas manqué de créer l’évènement. Surtout chez les nostalgiques, qui n’ont pas oublié le rôle que l’Anglais a pu jouer dans les années 90, lorsqu’il introduisait le sampling dans l’exercice de production, démocratisait l’acid house, s’affichait en pionnier du hip hop anglais et du trip hop, contribuait à mettre les carrières de Neneh Cherry ou Seal sur de bons rails, et multipliait les productions pour les Depeche Mode, David Bowie, Bjork et Massive Attack

Bien que quinze ans soient passés à traîner un CV long comme le bras, Tim Simenon n’a pas pris une ride. Et s’il n’y défriche aucun chemin encore inexploré, il parvient à faire de « Future Chaos » un album sonnant résolument actuel, loin de crouler sous le poids d’une trop longue absence. Ses synthés, ses influences new wave, et ses nombreuses collaborations, allant de Jon Spencer à Mark Lanegan en passant par Fujiya & Miyagi, ne manquent d’ailleurs pas de le pousser dans ce sens, en colorant chaque titre de leur couleur vocale. De toute, seule celle de Paul Conboy (A.P.E., Corker/Conboy) est récurrente puisqu’il pose sa voix raffinée et mélodieuse, proche de celle de Thom Yorke (sur « No Bones » surtout), sur cinq des neuf titres de ce nouvel album. Pour le reste, le phrasé chuchoté et ouaté de David Best (Fujiya & Miyagi) se prête parfaitement à « Butter Fingers », tout comme ceux de Toob sur « Burn The Bunker » à la drum n’bass retenue, et d’un Jon Spencer robotisé sur l’intense « Fuzzbox » de fin

Et, tous luxueux featurings mis à part, c’est surtout la simplicité des compositions qui frappe tout au long de ce « Future Chaos » que Simenon a voulu ramener au bon vieux line up basse/batterie/voix, la vintage Minimoog retrouvée offrant finalement pas mal de libertés. Ainsi, à base d’ambiances planantes, de fines variations, et de brillantes harmonies, il en ressort une impressionnante cohérence globale, parfois même un format chanson aussi surprenant que confortable, comme sur l’excellent « Black River », le meilleur titre au passage, emmené par la voix inimitable de Mark Lanegan (Screaming Trees/Queens Of The Stone Age). Si Bomb The Bass a forcément évolué avec le temps, ce disque vient le réinstaller durablement sur la carte, et garantir à Tim Simenon qu’il n’a rien perdu de sa superbe. Elle est pas belle la vie quand on n’a pas l’impression de vieillir

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