Bob Mould – « District Line »

District Line[Album]
11/02/2008
(Beggars/Naive)

On a beau être une figure de proue de la scène rock alternative des années 80 (Husker Du) et 90 (Sugar), jamais rien n’est définitivement gagné. La preuve puisque Bob Mould, en solo depuis la fin de ses aventures collectives, semble autant chercher sa voie artistique (cf le bien terne « Modulate ») qu’un label pour lui offrir un accueil digne de ce nom. « District Line » remet quelque peu les choses dans le bon ordre. En effet, si notre homme continue de suivre ses propres inspirations sans aucune arrière pensée, il appartient désormais au catalogue Anti, un label adulte à la crédibilité affirmée, plus encore que Cooking Vynil qu’il vient de quitter

Une aubaine pour ce rockeur perché du haut de ses quarante sept balais, toujours autant capable d’enchaîner un rock mélodique et émotionnel, comme s’il n’avait finalement jamais pris une ride. Totalement imperméable au temps qui passe, il ressert donc une pincée de cette recette qu’il semble ne jamais avoir pensé à relever. Pour preuve, et c’est son moindre défaut ici, il refait appel à l’équipe de choc du précédent opus, à savoir Brendan Canty (Fugazi) à la batterie, et Amy Domingues (Garland Of Hours, The Gena Rowlands Band) aux cordes

Reste que Bob Mould est dans une situation quelque peu délicate, sévèrement attendu au tournant par son fidèle public qui n’attend rien d’autre que du Bob Mould, et trop peu original pour les autres, habitués à bouffer cette pop mélodique par dizaines à l’année. Si, autant le dire sans encombre, les seconds ne prêteront certainement aucune attention à « District Line », les premiers seront très certainement ravis de se voir offrir de nouveau quelques titres s’inscrivant typiquement dans le style de l’Américain

Ainsi, malgré quelques effets douteux dont il aurait pu largement se passer, Bob Mould montre encore de belles velléités et un talent intact à pondre des refrains tubesques. Là, « Stupid Now » et « The Silence Between Us » font figures de cas d’école , « Who Needs To Dream? », « Return To Dust », et « Very Temporary », de bons élèves. Disséminés entre ceux là, « Again And Again », « Old Highs, New Lows » et « Walls Of Time » (titre datant de 1989 enfin enregistré) sont d’agréables parenthèses pop/folk, « Miniature Parade » s’avère presque trop abouti pour s’intégrer parfaitement au répertoire, tout comme « Shelter Me » et ses relans electro qui confirment que Bob Mould devrait définitivement laisser ces élans derrière lui

Si ses albums sont désormais parmi les plus prévisibles, difficile de remettre en cause une marque de fabrique, certes toujours aussi simple, quand elle provient d’un tel icône du rock. Car, à y regarder de plus près, Bob Mould ne fait que suivre une voie qu’il a toujours tracé et qui, au fil des ans, finit par être tellement empruntée qu’elle en devient lisse. Mais finalement, « District Line » est le disque d’un quadragénaire désormais bien dans sa peau, à tel point qu’il continue de sonner jeune. Alors, voyez Bob Mould comme un vieux jeune, ou le contraire, et vous saurez alors de quel côté vous placer..

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