Blur – ‘The Magic Whip’

Album / Parlophone / 27.04.2015
Retour en demi-teinte

Les poids lourds de la britpop ont le vent en poupe ces derniers temps. Alors que les rumeurs sur le rabibochage des frères Gallagher et, de fait, sur la reformation d’Oasis vont bon train, Blur est de retour au premier plan avec la sortie – très attendue – de ‘The Magic Whip’. Pour mémoire, on n’avait plus entendu les quatre larrons jouer ensemble sur un disque depuis ’13’ sorti en 1999… ‘Think Tank’ (2003) était lui l’effort d’un trio emmené par un Damon Albarn en perpétuelle quête de nouveauté, Graham Coxon ayant abandonné le navire pendant l’enregistrement.

Qu’en est-il donc de ce Blur cru 2015? Fruit de sessions enregistrées à Hong Kong en 2013 lors d’une tournée mondiale, ‘The Magic Whip’ est d’abord décevant. Et semble plutôt longuet à la première écoute. Si long qu’on en vient à attendre l’étincelle qui nous fera décoller comme au bon vieux temps. Il faut bien l’avouer, on s’ennuie ferme à l’écoute de ‘New World Towers’ ou ‘Pyongyang’. ‘Spaceman’, morceau à la progression intéressante, est malheureusement assez décousu et ses arrangements laissent l’impression finale d’une chanson où manque l’essentiel, l’âme et le travail d’un groupe. Quant à ‘My Terracotta Heart’, son refrain mélancolique et trop évident fait tache sur une mélodie pourtant bien trouvée.

Non, définitivement, ce que l’on préfère chez Blur, ce sont ces pop songs mutines, énergiques, stridentes et décalées. Et on se rend compte, au fur et à mesure que le temps passe, au fil d’écoutes patientes et de plus en plus intéressantes, que ‘The Magic Whip’ n’en manque pas. L’inaugural ‘Lonesome Street’ nous ramène ainsi vingt ans en arrière, au temps où les Londoniens régnaient sur les charts. Idem avec ‘Go Out’ ou ‘I Broadcast’, morceaux portés par la guitare d’un Coxon retrouvé. La légèreté – de façade – est aussi de mise avec ‘Ice Cream Man’, fascinant titre pop teinté d’électro, ‘Ong Ong’, chanson foutraque au refrain entêtant, ou encore ‘Ghost Ship’ qui nous télétransporte directement sur une plage des Caraïbes, cocktail à la main et doigts de pieds en éventail. Parfait. Car ce sont ces morceaux, oscillant entre naïveté feinte et trouvailles mélodiques au poil, qui nous rappellent que Blur fait partie de la classe des grands. Après seize ans d’attente et sur un ensemble de douze titres, on espérait pourtant un peu mieux. Ou peut-être un peu trop.

‘Lonesome Street’, ‘Go Out’, ‘Ice Cream Man’, ‘Ghost Ship’

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