Blue Sky Black Death – « The Holocaust »

The Holocaust[Album]
16/10/2006
(Babygrande/Nocturne)

C’est une véritable déferlante Wu-Tang à laquelle nous avons assisté tout au long de l’année 2006, presque comparable à celle du début des années 90, en tout cas en termes de quantité. Car pour la qualité, tout n’a pas été égal. Mais il faut croire qu’ils nous gardaient le meilleur pour la fin. Et cette fois, c’est un des derniers affiliés Wu, The Holocaust, qui nous propose un album qui restera certainement la révélation du crew new-yorkais

C’est une association, celle de deux producteurs de talent, les Blue Sky Black Death, et celle d’un Mc déjanté, connu auparavant sous le nom de Warloc et nommé aujourd’hui The Holocaust, qui nous vaut ce petit joyau. En effet, les deux beatmakers avaient déjà travaillé avec Rza sur « Bobby Digital » et avec Guru avant de se lancer dans cette aventure. Leurs versions sont sombres, et collent parfaitement au style Wu-Tang, et dés l’entame de l’album, on comprend pourquoi. « Plunder » et son beat lourd accompagné d’un sample dans le style asiatique ouvre la voie à une pure réussite. « What Can The Matter Be », aéré tout en restant d’une noirceur extrême, avec ses nappes savamment distillées, nous emmène dans un univers apaisé proche du style Oldominion. « God Be With You » et ses violons découpés, nous fait flotter dans un univers empirique, riche en émotion, et futuriste, sur lequel Holocaust livre son plaidoyer à la perfection

On semble flotter en permanence dans un schléole sonore, comme dans une atmosphère baignée de musique. « No Image » en est encore un magnifique exemple, et le flow tranchant, très proche au final de celui de Rza, vient découper nos songes avec une agressivité paradoxale qui, bizarrement, vient renforcer la puissance des titres. Certains sont certes plus classiques à l’image de « The Ocean », « The Sinister », « Smoking Room », « The Worst », mais tous apportent leur lot de samples originaux, parfois par petites touches discrètes, mais toujours grandement mélodiques. Mais on revient vite dans un style plus aérien tel « Lady Of The Birds » qui rappelle certaines versions de Sonic Sum. « Killer Moth » est un parfait exemple de la créativité des producteurs, quand ils arrivent à mêler des voix limite baroques, avec des sonorités caribéennes, sur des samples d’orgue. Un mélange au demeurant impossible, ici parfaitement réussi. On finit en apothéose avec « Crash », qui aurait pu être sur un album de Portishead, c’est dire la multiplicité du talent de ses trois hommes réunis

On ne parlera pas de réussite mais d’un album véritablement essentiel. On est trop souvent induit en erreur lorsqu’on voit le label Wu-Tang accolé à un album, alors que celui-ci n’a rien à voir avec ce qu’ils nous proposent d’habitude. Seul le flow de The Holocaust, acéré et d’une efficacité redoutable, semble le point de ralliement. Pour le reste, c’est un univers sonore original qu’il nous est offert de découvrir. Cet opus aurait pu servir de bande originale à des films de science-fiction tel Blade Runner, tellement il est chargé d’une ambiance sombre, poétique, violente mais pleine de volupté. Une pure merveille.

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