Blue Sky Black Death – « Noir »

blue180Album
(Fake Four Inc)
26/04/2011

Après un premier accroc à leur parcours (le fade « Third Party« ), les Blue Sky Black Death se devaient de rebondir. Et quoi de mieux pour cela que de revenir à leur exercice favori, celui de l’instrumental. Véritable suite de « Late Night Cinema« , ce nouvel opus sobrement intitulé « Noir », s’il s’inscrit dans un registre proche, se révèle fondamentalement différent dans l’approche.

Première différence, et elle est de taille, c’est le recours au sample quasiment inexistant. Là où « Late Night Cinema » usait d’échantillons – dont certains issus de l’univers cinématographique – c’est cette fois le costume de compositeur qu’ils ont enfilé, réalisant ainsi leur propre bande originale. Toujours aussi aérienne, leur identité sonore reste identique malgré cette nouvelle orientation. Usant et abusant de nappes, on semble flotter en permanence (« Where Do We Go », « Sky With Hand ») sans que cela rende l’ensemble vaporeux. L’utilisation des voix est subtile, ces dernières étant distillées avec minutie (les choeurs enfantins à la fin de « Sleeping Children Are Still Flying », les murmures de « To The Ends Of Earth ») faisant d’elles des instruments à part entière, jusqu’à créer une émotion particulière.

Autre différence fondamentale, la touche électronique plus évidente. Là où elle se faisait discrète auparavant, elle est ici clairement mise en avant (« Where The Sun Beats », « Fire For Light », « Gold In Gold Out ») renforçant l’aspect digital de leur musique. Mais comme souvent avec le duo, on a vite fait de se laisser embarquer avant de subir un demi-tour brusque, mais tellement bien orchestré, tellement fluide, que celui-ci s’opère sans douleur. « Starry » en est l’illustration même, son groove electro de départ s’effaçant pour faire place à une mélodie d’une voluptueuse douceur, qu’une basse tout en rondeur enveloppe majestueusement. Comme d’habitude, les cordes sont également très présentes (« Farewell To The Former World », « Where Do We Go », « Swords From Dristwood »), mais leurs apparitions  savamment préparées renforçent leur impact sur l’atmosphère des titres concernés. Parfois proche de la symphonie grandiloquente, Kingston et Young God se permettent parfois quelques envolées célestes (« In The Quiet Absence Of God »), mais excellent définitivement dans l’art de la rythmique et de la construction de beats efficaces (« Farewell To The Former World », « Our Heart Of Ruins », « And Star Ringed »).

Avec ce nouvel opus, et cette nouvelle démarche dans sa composition, on se demande si les Blue Sky Black Death ne nous livrent pas tout simplement un hommage au trip hop, tant son ombre semble planer tout au long de l’album. On savait depuis longtemps qu’il serait difficile de définir leur style et, encore une fois, ils se situent à la frontière de tellement de genres qu’il semble hasardeux d’oser les catégoriser. Puissante, profonde, organique, cette nouvelle démonstration nous réconcilie définitivement avec les californiens. Chose remarquable et plutôt rare, ils sont capables de rendre le « Noir » lumineux.

Disponible sur
itunes5

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