Blockhead – ‘Free Sweatpants’

Blockhead – ‘Free Sweatpants’

Album / Backwoodz Studioz / 18.01.2019
Hip hop


A l’étudier de plus près, le parcours de Blockhead n’est – depuis le début des années 2000 – qu’un incessant passage de relais entre collaborations et productions solo, ponctué de ces moments ingrats vécus par nombre de producteurs contribuant aux succès de MCs volant la vedette. Mis sur un piédestal il y a bientôt vingt ans alors qu’il accompagnait l’ascension mirobolante d’Aesop Rock parmi les artistes hip hop les plus acclamés, le new yorkais signait ensuite chez un Ninja Tune bien heureux de surfer à la fois sur la popularité méritée de sa trouvaille et une tendance downtempo au vent dans les cheveux : un état de grâce dont Blockhead profita jusqu’en 2012 et la parution de Skelethon qu’Aesop Rock décida de produire lui-même entièrement, coïncidant avec la séparation du producteur et du label anglais qui ouvra une longue période de disette en autoproduction.

On a beau tourner le schéma dans tous les sens, il n’y a bien que quand le verbe s’en mêle que personne ne s’emmerde. Nouvelle démonstration avec Free Sweatpants qui, en mixant plages instrumentales et joutes verbales, voit Blockhead regagner soudainement l’attention qu’il mérite, et redorer un blason trop longtemps empoussiéré. On l’entend donc retrouver son groove et son efficacité d’antan, souvent soulignés ici par un beat irrésistible, une mélodie entraînante (Weeping Willow), un sample accrocheur (Dream On), ou tout simplement la contribution d’un casting soigneusement épluché. Parmi d’autres, on croise ainsi Open Mike Eagle (Slippery Slope), Homeboy Sandman (Deeperstill), Hemlock Ernst (aka Samuel T.Hering de Future Islands, sur Blue Veil), mais surtout Aesop Rock pour lequel il taille littéralement un Kiss The Cook gommant la longue absence du duo d’un coup d’accord magique de guitare.

A l’écoute de Free Sweatpants, nul besoin pour Blockhead de concéder volontiers n’être jamais aussi à l’aise que lorsqu’il se met au service d’une voix. Ce nouvel album, bien qu’il ne souffre d’aucune véritable disparité – seulement de quelques longueurs (Rock’em Sock’em Hop, Tinder in the Time of Cholera) – en est une évidence flagrante, au-delà d’être le parfait reflet de toute la polyvalence de son géniteur. En mêlant ainsi pour la première fois ses deux savoirs-faires sur un même album, le new yorkais a sans aucun doute trouvé la voie qu’il lui faut suivre à l’avenir.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Dream On, Slippery Slope, Kiss The Cook, Deeperstill, Blue Veil


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