Bleubird – « Sloppy Doctor »

Sloppy Doctor[Album]
01/01/2003
(Endemik/Import)

Il y a des fois comme ça ou le hasard fait bien les choses. Alors que l’on commençait fortement à croire que le hip hop dit avant gardiste finissait par tourner en rond, voilà qu’on nous parle d’un certain Bleubird (Floride) et de son « Sloppy Doctor » de l’an passé. On doute mais on écoute attentivement, et on se surprend à trouver encore beaucoup d’intérêt à un genre plutôt squatté ces derniers temps par des Mcs opportunistes

Certes, « Sloppy Doctor » n’est pas un monument, ne parvient pas à nous faire oublier le meilleur de Sole par exemple, mais met à l’amende pas mal d’artistes qui auraient vite cru que l’expérimentation et l’originalité pouvaient laisser une porte ouverte à ceux manquant de talent. Bleubird n’est pas de ceux là. Doté d’un sens de l’humour et d’un cynisme abrasifs, cet américain ressemble en de nombreux points au chef de file Anticon, invité sur le monumental « Another Super Mario Cart Brothers Drive By », au point qu’il est souvent difficile de distinguer les deux. C’est plutôt au niveau des productions, nées d’une dizaine de producteurs dont Lord Grunge de Grand Buffet, que la différence est plus parlante. Les versions sont plutôt electro ou lofi, sûrement à rendre jaloux un Odd Nosdam (« Cartoon Love Bubbles ») ou plus difficilement un Antipop Consortium (« Crybaby Crunk ») tandis qu’Alias se fend de la production de « Bobmalisdada ». « Sloppy Doctor » contient donc de véritables perles dont font sans conteste partie « Two Beats+A Bikini », « Abrasive Love+My Broken Frie », le folkhip hop « I Wish I Was Bob Dylan » ou les massif « Trooth Redeux (feat Sign One) » et « The Boogie Man Screams Like a Girl » pour n’en citer que quelques uns tant ils sont nombreux parmi ces vingt titres. Illustrant l’anti américanisme du garçon, cet album se termine sur « We The Bomb », liste exhaustive des agressions américaines dans le monde depuis 1945

Même si « Sloppy Doctor », élevé au grain canadien, est aussi digeste qu’une purée suivie d’un flan, Bleubird prend quelques longueurs d’avance grâce à un flow efficace et des versions variées empêchant la redite de titre en titre, défaut le plus récurent de ce genre de disque. Amoureux d’Anticon, tentez Bleubird pour combler quelques manques. Vivement conseillé

Ecoutez un extrait sur le site Endemik

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