Blastah Beatz – « Graduate Studies »

blast180Album
(Ascetic Music)
15/11/2011
Hip hop

Blastah Beatz aurait pu être un jeune producteur de la banlieue de New York, tentant de recracher au mieux les multiples influences de l’héritage hip hop local qui l’aurait bercé toute son adolescence. Il aurait pu, et la banale histoire se serait sûrement arrêtée net. Seulement voilà, son travail de production a beau se fonde totalement dans un moule déjà largement utilisé, il parvient à se différencier de l’armée de producteurs actuellement en exercice par sa nationalité peu souvent croisée au sein du circuit hip hop. En effet, du haut de ses vingt quatre ans, Blastah Beatz traine ses guêtres du côté de Lisbonne, au Portugal, et creuse son trou à force de talent, de courage, et de beaucoup de culot.

Jugez plutôt: il y a quelques années, le jeune homme se barre aux Etats Unis pour participer à quelques beat contests, tente de se défendre avec quelques productions maison, nées à l’époque de samples puisés généralement dans la musique électronique. Pas assez pour rivaliser avec les beatmakers du coin. Du coup, Blastah Beatz rentre au pays plus motivé que jamais, ne jure que par le boom bap des années 90, révise les basiques, et enchaine les productions qu’il propose aux Mcs de tout horizon, qu’ils vendent des millions de disques (Busta Rhymes, Chamillionaire, Aloe Blacc, Joe Buden), quelques centaines de milliers (Murs, Del The Funky Homosapien, Jus Allah, Cappadonna), ou moins.

La plupart se retrouvent donc logiquement au tracklisting de ce « Graduate Studies » censé proposer une critique acerbe du hip hop tel qu’il se porte aujourd’hui, mais aussi d’être une sorte d’instantané de ce moment de carrière. Car, au delà d’un savoir faire qu’il a solidifié au fil des ans, Blastah Beatz a pour lui une diversité qui n’a de cesse d’élargir un champ de possibilités qu’il couvre déjà largement, sur le fond puisqu’il défend une époque plus volontiers qu’un genre, comme sur la forme, en attestent les quinze minutes du remix de « Free Ya Mind » feat OC. Comme les grands, il sait donc baigner habilement son travail de la grandiloquence chère au hip hop mainstream (« The Last Lyricists » feat Busta Rhymes, Chamillionaire, Big Lou), d’une sobriété plus underground (« Who Killed Hip Hop » feat Joe Budden), de sonorités clairement old school (« Melatonin Magik » feat Canibus et Professor Griff), et de douceurs nu soul (« Stages » feat Inspectah Deck). Autant de ficelles déjà maintes fois tirées mais que Blastah Beatz se devait de consolider avant de partir en quête d’une originalité indispensable pour son avenir.

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