Black Strobe – « Burn Your Own Church »

Burn Your Own Church[Album]
19/06/2007
(Beggars/Naive)

Dix ans… Dix ans que les Français de Black Strobe rôdaient sur la scène électronique sans même un album sous le bras. Une injustice aujourd’hui réparée avec « Burn Your Own Church », un premier opus tant attendu faisant suite à une poignée de maxis et quelques remixes qui n’auront pas laissé indifférents. Entre temps, le quatuor aura pris le temps d’évoluer, de trouver sa patte, de consolider son line up pour devenir une des entités electro rock les plus en vue de l’Hexagone, par son approche musicale atypique réunissant sous une même bannière influences electro, metal, gothique, rock, electro clash et techno. Monté à la base par Arnaud Rebotini et Ivan Smagghe comme pour tenir dans chaque main sonorités electro et métal, le Black Strobe qu’on avait connu jusque-là change sérieusement la donne avec « Burn Your Own Church ». Exit les boîtes à rythme, Smagghe (auteur de quelques paroles cependant) qui ne se reconnaissait plus forcément dans cette nouvelle orientation et peu attiré par la scène, place aux guitares et aux rythmiques soutenues pour un impact scénique plus important

Enregistré à Londres sous la houlette de Paul Epworth (Bloc Party, Maximo Park, The Rakes…), ce premier disque est donc résolument moins dancefloor, même s’il contient encore quelques réelles invitations aux déhanchements (les excellents « Brenn Di Ega Kjerke », « Blood Shot Eyes », « Buzz Buzz Buzz »), et se tourne plus ouvertement vers le rock et le black metal (« You Should Be », « Not What You Need », « I’m a Man », reprise de Bo Diddly), un des péchés mignons de Rebotini, comme pour rester fidèle à des ambiances toujours aussi sombres (« Girl Next Door », « Crave For Speed »). On pense aussi à LCD Soundsystem sur « Shing Bright Star », premier single emmené par des basses et synthés ouvrant la voie à un chant menaçant, ou aux Klaxons sur l’enjoué « Last Club On Earth ». Entre autres, car ici, on bat les genres comme on bat les cartes, on se donne entière liberté en ne se laissant pas enfermer par les machines. Rebotini a voulu laisser libre cours à son inspiration, qu’elle lorgne vers le rock n’roll, le blues ou le métal, mais aussi écrire de véritables chansons, qu’elles soient à haute teneur énergétique ou plus soporifiques (« Lady 13 »)

Surprenant à la première écoute pour qui suivrait les Parisiens depuis leurs débuts, « Burn Your Own Church » apparaît ensuite comme une évolution finalement logique dans le parcours de Black Strobe. Et puis, être surpris, c’est un peu ce qu’on attend de la musique en général, quand elle n’en profite pas aussi, pour révéler ou confirmer une des valeurs montantes de l’ère qu’on traverse non sans difficulté. Oui, Black Strobe aura mis du temps pour sérieusement se lancer dans le grand bain. Une attente qui, à l’écoute de ce premier album, s’avère bénéfique au point de transpirer une indéniable maturité, habituellement décelable à ce point après quelques galettes bien digérées. Le quatuor, armé de flambeaux, n’a donc pas fini de laisser traces de son passage..

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