Black Rebel Motorcycle Club – « Beat The Devil’s Tattoo »

brmc180Album
(Vagrant)
08/03/2010
Rock

Quand, en 2000, les californiens ont débarqué bien armés de leur image de motards remontés à bloc, on nous promettait qu’ils allaient devenir un des groupes de rock les plus incontournables de ce nouveau siècle. À faire le bilan dix ans plus tard, la réalité est toute autre: rarement on aura changé de trottoir chaque fois que les Black Rebel Motorcycle Club auront déboulé en ville. Pourtant, face à une concurrence à l’époque partagée entre néo métal puéril et pop pour jeunes-vieux, le trio de San Francisco évoluait dans un contexte où il pouvait amplement se faire une place au soleil. Seulement, entre prestations scéniques en deçà de ses ambitions, des albums en dents-de-scie, le poids trop lourd d’une ressemblance récurrente avec Jesus & The Mary Chain, et les problèmes de drogue de son batteur, rarement BRMC a fait parler de lui pour de bonnes raisons.

Comme à chaque nouvel album, on attendait donc que ce «Beat The Devil’s Tattoo» passe un bon coup de Scotch Britt sur le passé, et justifie les belles promesses d’antan. Pour cela, le groupe s’est quelque peu pris en main, comme si l’épée de Damoclès s’était soudainement mise à se balancer très près au-dessus de sa tête: il s’est remis à la composition à l’endroit même ou les titres de «Howl» – loin d’être le pire de ses disques – sont nés, et a foutu Jago à la porte pour le remplacer par Leah Shapiro (ex The Raveonettes).

Face à l’urgence, BRMC s’est ainsi assaini, s’est offert un second souffle jusqu’à trouver l’inspiration pour finir de vieux titres restés inachevés jusqu’ici («Evol» débuté en 2003), mais ne parvient toujours pas à gommer ses éternelles influences, pop anglaise comprise sur «Long Way Down». Pourtant, à l’image de son entame faite de riffs sulfureux, de mélodies efficaces et de rythmiques enlevées, «Beat The Devil’s Tattoo» restera certainement parmi les plus belles lignes de la discographie des californiens. Cela aussi grâce à sa diversité qui l’emmène autant vers le blues («War Machine»), de sombres ballades acoustiques («Sweet Feeling»), qu’un rock définitivement plus puissant («Half State»).

En treize titres inspirés par le riche héritage du rock américain, Black Rebel Motorcycle Club se fait donc désormais plus menaçant, et prouve que ses derniers remaniements lui ont été bénéfiques. C’est ainsi que «Beat The Devil’s Tattoo» se fera sa petite place dans l’estime d’un public rock autrefois séduit par «Howl», et beaucoup plus sceptique aujourd’hui. Mais pas plus, car si le trio tient bien la route, il est encore bien loin de remplir les stades.

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