Bjorn Berge – « I’m The Antipop »

I'm The Antipop[Album]
10/07/2007
(Dixiefrog/Harmonia Mundi)

Voilà un monsieur (un Monsieur, pardon!) que vous allez naturellement avoir envie de vouvoyer. Physiquement, déjà, quand vous aurez comparé la taille de ses bras à celle de vos cuisses. Mais aussi après l’écoute de « I’m The Antipop », huitième album du géant norvégien Bjorn Berge, dont les disques ne sont disponibles en France que depuis son époustouflante prestation aux Transmusicales en 2004. Ce virtuose de la douze-cordes malmène impunément sa guitare sèche pour sortir un punk/folk bluesy et funky, crado à souhaits, tel que Robert Johnson le rêvait, agenouillé au milieu de ce satané carrefour. Sa voix n’est pas très éloignée de celle d’Eddie Vedder de Pearl Jam ou de celle d’Everlast (ex-chanteur de House of Pain) qu’il a déjà repris sur ses anciens disques, en sus de Motorhead, Zappa ou Tom Waits… Ca donne tout de suite envie d’être courtois, non?

Les fans d’Audiard vous le confirmeront tous: « Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, ceux de soixante kilos les écoutent… ». Alors, n’interrompons pas Monsieur Berge: « Après avoir écrit et enregistré beaucoup de chansons de ma composition ces dix dernières années, j’ai décidé que je voulais faire un disque avec les morceaux de mes artistes préférés. J’espère avoir prouvé avec ce CD qu’une guitare acoustique douze-cordes envoie davantage qu’un groupe entier. »S’il y a un inconscient qui n’est pas d’accord, qu’il se démerde pour lui dire tout seul. Tout juste accompagné d’un percussionniste sur une poignée de titres, Berge use donc toutes sortes de guitares pour revisiter des titres issus du patrimoine rock international: Rage Against The Machine (« Testify »), Morphine (« Buena »), Led Zeppelin (« Heartbreaker »), Audioslave (« Show Me How To Live »), Primus (« Antipop »), Paul Seibel (« Louise »), Red Hot Chili Peppers (« Suck My Kiss »), Black Sabbath (« N.I.B »), John Campbell (« One Believer »)..

Le Norvégien place tout de même trois de ses compositions sur l’album, mais il pourrait presque se permettre de s’auto-créditer sur les reprises tant les morceaux sont complètement explosés de l’intérieur. A la manière d’un The Bad Plus en jazz, Bjorn Berge semble pouvoir transformer en blues funky tout ce qu’il touche. Vous vous surprendrez à taper du pied tout au long de l’album, sans jamais trouver qu’il manque un je ne sais quoi au morceau… Qu’il ait décidé de les accélérer, les ralentir, les adapter, les respecter, on sent que Berge aime profondément les chansons qu’il reprend. Et qu’il les connaît sur le bout des doigts. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que le disque fonctionne si bien, en plus du charisme naturel du bonhomme. Car ce type est absolument incroyable sur scène. Et je dis pas ça parce qu’il en fait deux comme moi, que cela soit bien clair… A découvrir pour ceux qui ne connaissent pas encore!

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