Billy The Kill – « Joy Sex & War »

billy180Album
(Kicking)
22/06/2009

Que ce soit aux Etats Unis comme ailleurs, le grand retour du folk aura eu, ces derniers temps, raison de bon nombre de groupes rock. Il reste pourtant encore quelques irréductibles à ne pas avoir fait de choix, et à multiplier les projets pour ne pas avoir à le faire. Fred Alera, aka Billy The Kill, est de ceux là. Après avoir tenu la basse chez Second Rate et Lost Cowboy Heroes, c’est maintenant avec les Billy Gaz Station qu’il branche sa guitare, celle qu’il empoigne aussi en version acoustique sur « Joy, Sex & War », un nouvel album solo qui souligne bel et bien un statut de songwriter désormais mérité, gagné à la force du poignet. Le temps de onze titres, il prend donc ses distances avec les décibels tout en conservant un sens de la mélodie, et de la mélancolie de surcroit (« Yesterday’s Gone ») qui, placé dans un tel contexte, ne le rend que plus touchant. Pourtant, Billy The Kill est jeune et n’a pas forcément la gueule de l’emploi. En effet, on aurait pu penser que cette tronche de sortie de bar signerait un répertoire acoustique sans grande personnalité, dont beaucoup de mecs de 25 piges, auto-proclamés compositeurs, accouchent dans leur piaule. C’est toute la différence avec ce « Joy Sex & War » sur lequel planent, certes, pas mal de fantomes, mais qui laisse finalement une toute autre impression que celle d’un album enregistré à la va-vite sur un 4 pistes histoire d’immortaliser un vent d’idées aussi soudain qu’inespéré. Et pour cause, contrairement à son prédécesseur de 2006 qui avait tout juste retenu l’attention, ce deuxième album est pensé, orchestré, met en avant une voix rayonnante, un panel d’influences blues, folk, country, et rock impeccablement digéré, et recraché en une diversité qui nous entraine sans mal jusqu’à son extinction: de l’enjoué « All You Need Is Killing Me » au seul électrique « Wondering Out », en passant par la frissonnante ballade « I’ve Lost My Sunshine » qui tente quelques vers en français, ou l’épuré « Lucky Star », pas de doute que Billy The Kill maitrise son sujet et passe sans mal les obstacles qu’il s’amuse lui-même à placer sur sa route. Parce que c’est beaucoup plus drôle ainsi, et qu’en plus du talent, ce mecton a une sacrée paire de couilles.

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