Bike For Three – ‘So Much Forever’

Album / Fake Four / 17.02.2014
Electro hip pop

Cinq ans, il n’en aurait pas fallu beaucoup plus à Bike For Three pour qu’on le considère comme une collaboration morte dans l’oeuf entre le canadien Buck 65 et la belge Joëlle Lê. Il faut en effet remonter jusqu’en 2009 – une éternité – pour retrouver trace du prometteur ‘More Heart Than Brains‘. Depuis, pas grand chose d’un côté comme de l’autre, si ce n’est le bien pâle ‘20 Odd Years‘, dernier opus en date du MC qui n’entretenait pas vraiment l’envie de le réentendre de sitôt. Reste que durant ces longues années d’un mutisme seulement apparent, le duo bravait l’océan et son inspiration pour finalement voir se profiler une suite devenue inespérée. Décrit comme un album si intime qu’il en aurait des vertus thérapeutiques chez les deux protagonistes, ‘So Much Forever’ prend malheureusement parfois les allures d’un chemin de croix pour l’auditeur.

Long, alourdi par quelques titres inutiles (‘Heart As Hell’, ‘Ethereal Love’, ‘The Muse Inside Me’), il manque trop souvent de souligner la belle complémentarité qui fut celle du duo en 2009. Ici, et plutôt que de ne faire qu’un, Bike For Three opte plus volontiers pour la somme des deux, ce qui ne va pas sans pots cassés. En attestent les récurrentes et rarement judicieuses incursions francophones de la demoiselle (‘Full Moon’, ‘Wolf Sister’), comme le phrasé d’un Buck 65 devenant parfois assez pénible pour porter préjudice à la beauté, la richesse et la délicatesse des productions (‘Agony’). Pourtant, bien que rares soient les morceaux représentatifs de la possible imbrication de deux univers finalement peu éloignés, l’album peut clairement compter sur la complémentarité affichée sur ‘Sublimation’, comme sur les pointes uptempo de ‘The Last Romance’, ‘Stay Close Until We Reach The End’ et ‘Conflation’ pour le défendre et creuser les pistes d’un avenir plus radieux.

Seulement, à force de timides expérimentations, de choix artistiques pas toujours francs et convaincants, à trop souvent vouloir faire chacun un bout de chemin vers l’autre, Buck 65 et Joëlle Lê finissent par nager entre deux eaux, jusqu’à faire boire la tasse à un Bike For Three qu’on imaginait plus endurant. Les plus intransigeants diront que, en musique, il est parfois préférable de ne pas forcer le destin. Les autres, plus cléments, verront peut être là toutes les limites du travail de composition à distance. Reste que, pour tous malheureusement, la déception attend au bout du chemin.

‘Sublimation’, ‘The Last Romance’, ‘Conflation’

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