Big Ups – ‘Before a Million Universes’

Album / Tough Love / 04.03.2016
Hardcore

Que reste-t-il de punk à jouer du punk en 2016 ? A observer les vieilles gloires s’auto-parodier ou les jeunes pousses trop heureuses d’enfoncer les portes ouvertes par leurs aînés, on est tenté d’affirmer ‘plus grand-chose’. Une rébellion depuis longtemps normalisée dans laquelle Big Ups a bien failli se cloîtrer avec ses premiers EPs, sympathiques mais inoffensifs recueils de titres punk-hardcore tout en power chords et braillements intempestifs.

Oui, sauf que les quatre New-Yorkais sont beaucoup plus malins que ce qu’ils ne laissaient présager, et ‘Eighteen Hours Of Static‘ (2014) le démontrait. Exit les morceaux frondeurs sans équivoque. Sur ce premier album, le groupe feintait et distribuait ses mandales lorsqu’on s’y attendait le moins, guidé par les murmures et hurlements de son chanteur, Joe Galarraga, mais aussi par des cassures rythmiques aussi impromptues que jubilatoires.

Avec ‘Before A Million Universes’, Big Ups étire un peu plus sa nouvelle formule sonique. Bien sûr, parmi les treize morceaux de ce nouveau long format, subsistent quelques titres dans une pure veine hardcore (‘Capitalized’, ‘Hope For Someone’, ‘Knight’). Pourtant, c‘est lorsqu’il s’engage dans des compositions à la limite du post-rock (le diptyque ‘Negative (Intro)’/’Negative’ ou ‘Meet Where We Are’) que le quatuor fascine le plus.

Le son est rêche, pesant, et le fantôme de Slint offre par instant son inquiétante présence. Maintenu en tension sur cet équilibre périlleux, Joe Galarraga partage ses interrogations en nous faisant grâce des sermons préconçus. ‘Tell me what you’re worth / Salary, two weeks off from work ? / Move forward, it’s progress / Resources, I digress / Your choices ? That’s nonsense / The money ? For defense‘, assène-t-il ainsi sur ‘Capitalized’. Si le punk est mort, Big Ups s’en contrefout. Il trace sa route la rage au bide avec suffisamment d’habileté pour éviter la casse.

‘Capitalized’, ‘Meet Where We Are’, ‘Negative’, ‘National Parks’

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