Biffy Clyro – « Revolutions Live At Wembley »

bif180Album/DVD
(14th Floor)
28/06/2011
Rock

L’Angleterre a ses petites success stories que les autres n’ont pas. A croire qu’il existe un fossé parfois plus important que la Manche entre nos amis Britanniques et nous Français. Nouvelle preuve avec Biffy Clyro qui, avec son dernier album « Only Revolutions« , a vu là bas sa destinée prendre une toute autre tournure que celle promise aux débuts du groupe, en 2002, quand « Blackened Sky » revendiquait influencé entre autres par… FugaziEn effet, alors que le combo multiplie encore les petites salles parisiennes, tente à ses dépends une première partie de Linkin Park à Bercy (sic), il remplit le stade Wembley de Londres en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, pour le bonheur des dizaines de milliers de gamines sous le charme de Simon Neil, frontman charismatique avec juste ce qu’il faut de tatouages, de trash, de féminité et de beau-gossitude pour les faire hurler de plaisir.

Adulé depuis peu en Grande Bretagne (600 000 disques vendus là bas), Biffy Clyro revêt alors soudainement chez nous une toute autre image que celle d’outsider nu-rock marchant depuis deux albums sur les pas de Jimmy Eat World (« Booooom, Blast & Ruin », « Whorses », « That Golden Rule »): certainement une des missions secrètes de ce Live à Wembley paru en CD, et en DVD agrémenté de deux documentaires. En 19 titres, on revisite donc une discographie finalement méconnue de beaucoup pour finalement se faire à l’évidence. Ces trois là savent composer des tubes mieux que personne, ont tout saisi de l’exercice live ou ils tirent généreusement la corde de chacun de leurs atouts: une voix sans fausse note, et des mélodies imparables que jamais l’énergie déployée ne vient écorcher.

Biffy Clyro a beau en devenir parfois trop propre et aseptisé, difficile quand on s’est longtemps extasié devant le talent mélodique de groupes de college américains, de laisser parler sa mauvaise foi à l’écoute de tubes implacables comme « 57 », « Bubbles », « Shock Shock » ou « Who’s Got a Match? ». Des compositions complexes et imprévisibles de ses débuts (dont ne restent aujourd’hui que les plus pop) à ces standards britanniques faciles en apparence, de ses déboires de labels jusqu’aux multiples awards qu’il glâne désormais, le trio a sans conteste parcouru un chemin considérable. En assénant un sacré coup de vieux par la même occasion. Sauf en France, à moins que sa venue à Rock en Seine en août prochain finisse de convaincre les derniers (grands) adolescents.

Disponible sur
itunes39
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