Biffy Clyro – « Puzzle »

Puzzle[Album]
04/06/2007
(14th Floor/Warner)

Les Ecossais de Biffy Clyro avaient comme un besoin de se reprendre. Après un premier album qui l’annonçait comme une révélation, le trio s’est vite emmêlé dans sa recherche de personnalité et d’originalité, à tel point qu’il était plutôt difficile d’avaler un de ses deux derniers albums en intégralité. Les trois avaient alors plusieurs choix: continuer dans cette voix au risque de voir fondre son public (inutile de rappeler que celui-ci évolue toujours beaucoup plus vite que les groupes eux-mêmes, d’où les soudains ralliements à de nouvelles chapelles), ou se redonner un coup de fouet, un second souffle, et opérer un sérieux tournant dans son histoire. C’est ce qu’a fait Biffy Clyro, en rejoignant une major d’abord, puis en laissant au placard tout le côté complexe de sa musique, un fait que les fans de la première heure n’hésiteront pas à lui balancer en pleine tronche

Peu importe, ce n’est pas eux qui payeront les pots cassés, les Ecossais avaient donc bien le droit de s’offrir un nouveau destin. Et s’il est tout à fait sincère, ce changement radical opté en faveur de la mélodie pop pourrait bien s’avérer ne pas être un trop mauvais calcul. Certes, Biffy Clyro est devenu plus formaté, mais agrandira ainsi son audience: un risque que beaucoup ont déjà pris, parfois à raison. Car les Ecossais ont beau cacher une certaine réalité avec une intro originale, comme héritée du hard rock symphonique, il suffit de s’enfoncer dans ce premier titre (« Living Is a Problem Because Everything Dies ») tentant de faire trait d’union avec le passé, pour se rendre compte à quel point ils ont simplifié leur répertoire. À quelques exceptions près n’ayant cependant pas eu d’équivalent autrefois (« Now I’m Everyone », « 9/15ths »), les morceaux sont désormais plus courts, plus lisses, plus directs, moins complexes (« Folding Stars »), rappellent parfois Foo Fighters (« As Dust Dances », « Semi Mental », « Get Fucked Stud »), encore plus fortement le côté édulcoré de Jimmy Eat World (« Saturday Superhouse »)

Mais si la déception de ce retour dans les rangs peut logiquement dominer, il faut accorder à Biffy Clyro une certaine aisance pour accoucher lui aussi de véritables tubes (« Who’s Got a Match », « Love Has a Diameter »), trouver des mélodies efficaces (leur tournée avec Weezer y est peut-être pour quelque chose), et soulever chacun des titres au-dessus des concurrents grâce à un chant irréprochable. Finalement, pourquoi Biffy Clyro n’aurait-il pas changé puisqu’il est devenu une des fiertés de sa nouvelle famille

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