Biffy Clyro – « Opposites »

biffy180Album
(Warner)
04/02/2013
Bifle

Les choses ont bien changé depuis les années 2000 quand, malgré le désintérêt grandissant des labels et une renommée qui peinait à définitivement décoller, Biffy Clyro refusait systématiquement de céder à la facilité. A deux doigts de jeter l’éponge pour ne pas avoir à perdre la face, le combo retournait finalement sa veste in extremis: comme par enchantement, et avec un peu plus d’eau dans sa bière, il s’est soudainement mis à aligner des tubes d’une grande efficacité qui l’ont rapidement fait quitter les salles confinées pour des stades remplis d’adolescents reprenant ses paroles en choeurs. A l’apogée de cette montée en puissance, un (très bon) live enregistré à Wembley, parfait reflet de ses aptitudes mélodiques comme de son incroyable justesse.

Dix huit mois plus tard, il semble que Biffy Clyro ne veuille ni prendre le moindre risque, ni quitter le confortable succès qu’il a acquis. A l’écoute de ce « Opposites » en tous points décevant, il semble que le mot d’ordre n’ait été autre que de ne surtout pas froisser la groupie en lui servant la même soupe, le sel en moins: une déception qui n’a d’égal que la démesure dans laquelle le groupe sombre de bout en bout ici, illustrée par cette volonté de double album tournant à l’overdose, et d’arrangements indigestes au possible (les cornemuses de « Stingin’ Belle », les synthés débordant de « Biblical » et « Skylight », les cordes de « The Thaw », les cuivres de « Spanish Radio »).

Dès lors, rien y fera, ni quelques éclairs mélodiques dont on ne sait plus très bien s’ils sont bien inspirés (« Different People », « A Girl And His Cat », « Victory Over The Sun », « Modern Magic Formula ») ou seulement beaucoup trop formatés pour les stades (« Black Chandelier », « Sounds Like Balloons », « Little Hospitals »), encore moins les quelques poussées rythmiques dont la dangerosité n’a finalement d’égal que la pilosité de ces trois torses nus réunis (« The Joke’s On Us »). Bien incarné ici par un remplissage affligeant (« Pocket », « Trumpet or Tap » pour n’en citer que deux), des paroles dignes de poésies de niveau BEPC (« take care of the ones you love » et autres guimauves…), le rock mainstream – dans ce qu’il a de plus banal et insultant – est désormais incarné par un Biffy Clyro qui, en choisissant délibérément d’y plonger, a perdu la tête et est tombé bien bas. Qu’il y crève s’il ne remonte pas rapidement à la surface.

itunes32

En écoute intégrale

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