Betunizer – « Boogalizer »

betu180Album
(BCore)
26/03/2012
Noise rock

« Quien Nace Para Morir Ahorcado, Nunca Moriara Ahogado« . Derrière le titre de ce premier album qui, en 2010, l’avait littéralement révélé, Betunizer affichait déjà sa ferme volonté de ne céder à aucun compromis, de se jeter tête baissée dans son répertoire bruitiste sans jamais anticiper la moindre conséquence de ses actes. Violent, chaotique ou dansant, le trio espagnol se laissait alors aller à toutes ses envies, comme pour ne rien regretter, comme pour balancer ses morceaux à la gueule des plus masochistes avec l’énergie d’une toute dernière fois. Pourtant, malgré les sombres prévisions mystiques, les pluies d’oiseaux morts, ou les quelques suicides collectifs de brebis tombées d’une falaise, la fin du monde n’a pas encore sonné, laissant assez de temps à ces valenciens de donner une centaine de concerts, de parcourir l’Europe à trois reprises, de composer un deuxième album pour y immortaliser leur inspiration débordante.

Et à en croire ces onze nouveaux titres, Betunizer n’en a pas manqué. Fort d’une maitrise sidérante de ses instruments, il diversifie son approche en se montrant parfois moins violent que par le passé, tout en conservant pour autant l’intéressante densité de ses compositions, comme son sens particulier de la mélodie. « Cedric Caballos » qui ouvre les hostilités en est un premier exemple: moins sanguin, il se laisse porter par une section rythmique époustouflante, accentuant pour de bon les esquisses de passages dansants entrevues lors du précédent disque (« Aguilucho Es El Hijo Del Aguila », « Rave En El Chateau »). Aussi, tel un The Ex bien fâché, il use d’une guitare dissonante et linéaire, puis pousse sa richesse rythmique jusqu’à atteindre une intensité proche de la transe (« El Rejoneador Del Frac », « Carne Y Diablo », « Espuela De Calor », « Silver Agers »). Mais les quelques traits de caractère plus appuyés de ce « Boogalizer » ne peuvent trop longtemps refréner les élans primaires dont ces espagnols sont coutumiers (« Imagina Que Matas a Jota », « El Cocotero »). Les aiguilles constamment dans le rouge, Betunizer ne fait pas pour autant dans la violence gratuite: il souligne sans cesse ici son talent, sa maitrise, et son originalité. Une jolie confirmation donc.

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