Benjamin Gibbard – « Former Lives »

gibb180Album
(City Slang)
15/10/2012
Pop folk

C’est une chose d’être conscient du talent d’un musicien, c’en est une autre de se prendre l’évidence en pleine figure au moment ou on s’y attend le moins. On a pu mesurer la nuance avec Benjamin Gibbard, devenu au fil de ses belles ballades au sein de The Postal Service et Death Cab For Cutie un songwriter et mélodiste hors paire, parmi les plus doués de sa génération. Il aura pourtant fallu qu’on tombe sur un des volumes de la série vidéo « Burn To Shine » pour que cette évidence se mue enfin en envie irrépressible d’en écouter plus. Alors qu’il interprétait le magnifique « Broken Yolk In Western Sky » en acoustique (vidéo ci-dessous), sur le plancher de ce salon en passe d’être incendié (le concept de la série), on se prenait à rêver d’un plaisir prolongé.

L’attente fut longue mais l’issue inévitable: un album de la trempe de « Former Lives » devait forcément voir le jour à un moment ou un autre. D’une part, parce que les chansons qui le composent sont belles (« Dream Song », « Teardrop Windows », « Lily »), d’une autre parce que Gibbard est un compositeur si hyperactif qu’il se devait d’exploiter ses travaux les plus réussis, n’ayant jamais trouvé leur place dans la discographie de ses groupes. C’est d’ailleurs le cas de quelques-uns ici (son duo avec Aimee Mann sur « Bigger Than Love » par exemple), trop précieux à ses oreilles pour qu’ils les condamnent à n’être que de simples face-b, ou à apparaitre au menu de compilations sans âme.

Ces douze morceaux ne datent donc pas d’hier. Mais malgré leur âge respectif, leur diversité en partie tirée de leur orchestration et arrangements respectifs, jamais « Former Lives » ne souffre d’un manque de cohérence. Au contraire, Gibbard nous prend par la main du début à la fin, nous fait passer par de jolis moments d’émotion (« I’m Building On a Fire »), tout en nous faisant partager les diverses influences qui font sa personnalité de musicien. Et si certaines étaient fortement prévisibles (la pop countrisante et americana de « A Hard One To Know », « Lady Adelaide », « Broken Yolk On Western Sky »), d’autres en revanche se révèlent nettement plus surprenantes (les mariachis de « Something’s Rattling », les relents rétro-rock de « Oh, Woe ») et finissent d’offrir à ce disque tout l’intérêt qu’il mérite.

Sous ses airs de bilan personnel, renforcés par le fait qu’il s’agisse de son premier disque à sortir depuis sa rupture médiatisée avec Zooey Deschanel, « Former Lives » touche en plein coeur sans jamais afficher de quelconques prétentions. Certainement pas destiné à être un album qui fera date, en partie parce qu’il n’a pas été pensé et achevé en ce sens, il est seulement l’oeuvre d’un songwriter à la maturité évidente, et au classicisme totalement assumé. Rien d’autre qu’un petit plaisir simple qui trouvera toujours un moment pour être écouté. Parfois, on ne demande rien de plus.

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