Beach Fossils – « Clash The Culture »

beach180Album
(Captured Tracks)
18/02/2013

Il y a trois ans, la formation à géométrie variable pouvait compter sur une bruyante rumeur née d’une succession de concerts dans son fief de Brooklyn. Bien loin de n’être qu’un feu de paille, ce  »Beach Fossils » confirmait ses promesses et incarnait alors la bande-son idéale des fêtes au sommet des gratte-ciel. Plus riche que sa nonchalance ne le laissait paraître, il requérait maintes écoutes pour en apprécier toutes ses nuances. Composé par Dustin Payseur, mais interprété sur scène en compagnie de Cole Smith (DIIV) et John Peńa (Heavenly Beat), l’album incarnait l’émergence d’un son âpre, fait de mélodies frénétiques et d’une production DIY.Un peu plus d’un an après, l’EP  »What a Pleasure » annonçait déjà une production plus claire et moins désinvolte, une nouvelle direction finalement validée sur  »Clash The Truth ».

Placé sous la houlette de Ben Greenberg de The Men, Payseur tire un trait sur sa chambre d’ado pour se tourner vers un véritable projet studio, voué à s’inspirer de l’énergie live du post-punk. Ainsi, les compositions sont désormais assises sur de solides rythmiques enregistrées en direct, et le mix donne plus d’espace aux voix, de poids aux guitares omniprésentes. D’ailleurs, si les références à Real Estate ou à Lotus Plaza étaient auparavant nombreuses, cette nouvelle ampleur nous ramène davantage vers les hits de The Drums, bien que plus lourds et sulfureux que ces derniers. Toujours bouillonnant d’idées, Dustin Payseur dévoile encore toute son aisance à écrire pépite sur pépite, excepté qu’ ici, ce ne sont pas tant les tubes décelés à la première écoute qu’il faut retenir mais bien les mélopées plus lancinantes telles que  »Taking Off » ou  »Sleep Apnea ». À ce propos, la participation vocale de Kazu Makino sur  »In Vertigo » démontre de nouveau sa capacité à se fondre à la perfection dans n’importe quel registre.

Malheureusement, tout ce luxe nouveau n’est pas sans dommage. Moins spontané, aussi plus attendu,  »Clash The Truth » peine à surprendre, voire à motiver l’envie de multiplier les auditions, pourtant nécessaires. Surtout, le prolifique environnement du groupe (DIIV, Wild Nothing, Heavenly Beat) a certainement tari le besoin de s’immerger dans cet atmosphère, jusqu’à parfois se demander si Brooklyn n’écoute plus que de l’indie-pop amoureuse. Néanmoins, il serait bien mal avisé de tirer sur ce Beach Fossils, plein de ressources pour tous ceux qui auront encore l’envie de se plonger dans ses méandres.

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En écoute intégrale

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