Basement – « Everything Gets Distorted »

Everything Gets Distorted[Album]
01/11/2006
(Interference/Autoproduit)

France, dans les années 90, la scène rock hexagonale ne manque pas de dignes représentants, et la branche noise est à son apogée, fièrement défendue notamment par les Condense, Sleeppers, et Portobello Bones dont les réputations sont encore aujourd’hui intactes. Mais, derrière eux, la liste était longue, et le Basement de « Head On » (1997) squattait incontestablement les premières places acquises aux seconds couteaux, avant de définitivement rejoindre l’élite, un an plus tard, avec un énorme « Underneath » également produit par Fred Norguet. Suivirent quelques concerts en France et en Europe, une sélection pour le FAIR en 2000, avant que le combo ne s’accorde une longue pause, qu’on croyait devenue définitive avant qu’il annonce son grand retour, avec la sortie de ce « Everything Gets Distorted » et tous les dangers inhérents à un come-back souvent décevant

Au diable les préjugés! Manifestement, Basement n’a rien perdu de sa vigueur et de son inspiration, reste fidèle à ses influences de toujours, et revient comme s’il n’était parti qu’hier avec comme seule réelle nouveauté, l’ajout d’un second guitariste. Huit titres sans concession, trente minutes de tension, d’intensité et de bruit, Basement semble lâcher ici d’un coup toute la frustration et l’envie de jouer provoquées par ces années de silence, avec la certitude d’en avoir encore un bon paquet sous la semelle. Le chant est loin et hurlé, les guitares vous découpent au cutter, la basse attaque vos tripes à coups de perceuse, la batterie vous cloute au mur tel Jésus sur sa croix, et vous assistez, impuissants et béats, à une enfilade de déflagrations sonores, toujours mélodiques malgré tout, qui n’ont rien à envier à celles des Sleeppers (post « Cut Off ») avec qui les ressemblances sont nombreuses

« Everything Gets Distorted » ne souffre d’aucun relâchement, est d’une telle cohérence déconcertante qu’il nous interdit de mettre un morceau plus en avant qu’un autre. Après quelques années de placard, Basement n’a pris ni ride, ni rouille, ni poussière et reste cette véritable machine de guerre avec laquelle on avait achevé le vingtième siècle. Incontournable

Ecoutez un extrait iciPour vous procurez le disque, envoyez un chèque de 12 euros (port inclus) à:INTERFERENCE – 2 rue de la Glacière – 33500 LIBOURNE

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