Band of Horses – ‘Acoustic At The Ryman’

Album / Columbia / 24.02.2014
Pop country acoustique

Depuis 2010 et la sortie de son troisième album ‘Infinite Arms‘, Band of Horses fait débat. Tirant sans cesse sur la corde de l’authenticité et de la crédibilité que lui tendent encore généreusement ses vieux fans, le groupe fait à chaque album un pas supplémentaire vers une popularité aussi flatteuse que savonneuse. Au delà d’inscrire sa musique dans un classicisme redondant en lieu et place du rock lo-fi si émotionnel de la première heure, Ben Bridwell et ses comparses semblent ainsi, depuis quatre ans, multiplier les concessions, tout accepter pour s’imposer aux oreilles de tous, du sponsoring parfois grossier jusqu’aux apparitions télé chez la Michel Drucker américaine. Mais si Band of Horses est bel et bien devenu une machine, la scène reste pourtant un endroit ou il ne déçoit jamais: dans une parfaite cohérence, les anciens titres y côtoient sans mal d’autres plus récents, la mélancolie d’antan bave sur l’énergie d’aujourd’hui, même la voix de Ben Bridwell finit par se porter garante de compositions pourtant toujours plus lisses.

Si l’acoustique ne laisse généralement pas de place aux approximations, l’exercice a l’avantage de constamment souligner l’intensité émotionnelle dont Band of Horses s’est fait maitre durant ses premières années d’existence. Débarrassé de la saturation des guitares, des arrangements, et de la production par moments surfaite de ses derniers disques, le groupe revisite équitablement sa discographie, la ramène à l’essentiel en épurant quelques unes de ses plus belles chansons, afin de les immortaliser dans l’enceinte du Ryman de Nashville, haut lieu de la musique country américaine, presque trop chargé d’histoire pour ses frêles épaules et son éthique quelque peu effritée (‘Everything’s Gonna Be Undone’).

S’il est donc présomptueux de dire que Band of Horses se montre digne de l’endroit, ‘Acoustic At The Ryman’ pourrait au moins le réconcilier avec les admirateurs perdus sur la route de la gloire. Car, même si le quintet s’en tient généralement à une simple revisite acoustique de l’original, il ne fait pas de doute que la formule guitare, piano, contrebasse et batterie lui va également très bien. Preuve est faite quand il se donne la peine de varier les propositions, en berçant ‘The Funeral’ au souffle du duo piano/contrebasse à l’archet, en ralentissant le superbe ‘Wicked Gil’, ou en chantonnant ‘Neighbor’ à trois voix au dessus du piano. C’est là, comme protégé par les fantômes d’illustres ainés tournoyant autour de lui dans l’auditorium, que Band of Horses remet ENFIN la main sur son âme. Pourvu qu’il ne la lâche plus désormais.

‘Detlef Schrempf’, ‘Wicked Gil’, ‘The Funeral’, ‘Neighbor’

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