Badbadnotgood – ‘IV’

Album / Innovative Leisure / 08.07.2016
Jazz

Il y a des musiciens qui avalent la clé de chez eux pour ne laisser personne y entrer. Puis il y a ceux pour qui la musique n’est rien sans notion de partage. Badbadnotgood est incontestablement de ceux-là tant il a toujours ouvert en grand les portes de son univers, en lançant de grands clins d’oeil à la scène hip hop à l’époque où il accumulait les reprises jazz, en faisant office de backing band pour Ghostface Killah, ou tout simplement en invitant pour la première fois divers chanteurs à venir poser leur voix sur ses compositions.

C’est donc sur des morceaux érigés à coups de claviers, de batterie, de basse et de saxophone que le quatuor a bâti ‘IV’, une nouvelle salve ou le jazz est balayé de fond en comble, dans sa forme la plus pure (le morceau éponyme), ou d’autres plus free (‘Structure N°3’), psyché, hip hop, ou electro (‘Lavender’). Toutes tissent une vraie cohésion, malgré les univers différents d’où proviennent les invités ponctuant une majorité de titres instrumentaux. Pourtant, il y a beau avoir tout un monde entre Colin Stetson et Kaytranada, un fossé entre la tension cuivrée de ‘Confessions, Pt II’ et la langueur jazzy de ‘Chompy’s Paradise’, ‘IV’ suit sans mal son incassable fil rouge auquel la personnalité de chacun s’accroche.

Qu’il avance seul (‘Cashmere’) ou accompagné, Badbadnotgood n’a rien perdu de sa maitrise. A la force de son identité, le groupe trouve constamment le parfait équilibre entre sa musique et la valeur ajoutée incarnée par chacun des intervenants. C’est ainsi qu’il enrobe brillamment la voix de Sam Herrings (Future Islands) sur ‘Time Moves Slow’, celle de Mick Jenkins sur un ‘Hyssop Of Love’ à rendre Kendrick Lamar vert de jalousie, ou celle de Charlotte Day Wilson sur un ‘In Your Eyes’ bordé de soul. Les canadiens creusent ainsi un peu plus un registre d’une grande maturité, désormais incarné par un disque ou le tout l’emporte sur le soi.

‘Time Moves Slow’ (feat Sam Herring), ‘Hyssop Of Love’ (feat Mick Jenkins), ‘In Your Eyes’ (feat Charlotte Day Wilson)

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