BadBadNotGood & Ghostface Killah – ‘Sour Soul’

Album / Lex / 23.02.2015
Hip hop

Voilà maintenant trois albums que Ghostface Killah s’enfonce dans les méandres d’une route à deux voies, ou la Sicile profonde et la conquête de l’Ouest cohabitent avec harmonie: d’abord dans les mains d’Adrien Younge avec ‘Twelve Reasons To Die‘, puis avec les instruments de The Temptations sur ‘36 Seasons‘. Pour ‘Sour Soul’, c’est le trio canadien BadBadNotGood qui a pris le relais, s’inscrivant dans ce hip-hop aux atmosphères épaisses et aux productions délicates.

Après avoir collaboré avec Earl Sweatshirt ou Tyler The Creator, les trois pré-pubères qui composent BadBadNotGood offrent au Mc douze morceaux oscillant avec finesse entre jazz et soul. En préparation depuis trois ans, encadré par le producteur canadien Frank Dukes, le trio a – fichier après fichier envoyé au rappeur – dessiné les contours d’un album superbe, qui semble figé dans le temps, et qui donne à Ghostface un terrain de jeu idéal pour son flow sec comme un coup de trique.

Tout au long de ‘Sour Soul’, Ghostface Killah semble revisiter tous les personnages qui l’ont habité, mais pour les mettre au service de nouvelles formes, plus classiques dans leur héritage. Pimp sur ‘Tone’s Rap’ (Cry me a river, bitch/Just Want my cut of the money) il se fait la voix de toute une génération avec le sublime ‘Gunshowers’ (I’m an activist, socialist, deadly ass poetrist) et pour toujours un thug (After the gun smoke, you screaming, where my block at ?) sur ‘Six Degrees’.

A la croisée de ces albums collaboratifs se trouve un Ghostface Killah épanoui dans une seconde jeunesse. Auprès de producteurs talentueux qui ont sans nul doute passé leurs jeunes années à l’écouter religieusement, il renoue avec un classicisme vibrant, ou son portrait d’irréductible gangster rencontre un écho d’une élégance infinie.

‘Six Degrees’, ‘Gunshowers’, ‘Stark’s Reality’, ‘Mind Playing Tricks, ‘Ray Gun’

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