Aufgang – « Aufgang »

auf180Album
(InFine)
12/10/2009
Grande électro

Lorsqu’on vous présente pour la première fois la formation d’Aufgang (qui signifie ascenseur en allemand), on comprend tout de suite que l’on a affaire à quelque chose de vraiment original… Deux pianos (Francesco Tristano et Rami Khalifé) et une batterie (Aymeric Westrich) rappellent en effet plus la musique dite «classique» que le monde des musiques «actuelles». Mais c’est justement ce genre de clivages que le trio tente de dépasser. A ce titre, le parcours des trois musiciens est éloquent: tous ont en effet suivi de prestigieuses formations classiques à New York, tout en développant parallèlement une vraie passion pour la musique électronique. C’est d’ailleurs à l’occasion d’un concert au mythique festival Sonar de Barcelone en 2005 que le trio se soude une bonne fois pour toutes, avec la précieuse aide du géant de l’électro Jeff Mills.

La suite nous est livrée par ce premier opus, illustrant parfaitement la démarche artistique du groupe. Ni «techno acoustique», ni «musique classique assaisonnée à la sauce électronique», comme le précise Francesco, la musique d’Aufgang est plutôt une synthèse unique et organique entre des influences antagonistes au premier abord. Les titres de cet album, enregistrés sur la base de l’improvisation (fondamentale pour le combo), transforment des instruments acoustiques, comme le piano ou la batterie, en véritables machines électroniques, qui parviennent à générer un son tout aussi classique que futuriste. «Channel 7» est à ce titre des plus emblématiques, ouvrant l’album sur une transe sonore, portée tout autant par le son martelé et mélodique du piano que par un beat techno minimaliste. Comme dans la quasi totalité des morceaux de l’album, la machine Aufgang, une fois lancée, paraît inarrêtable, donnant l’impression de pouvoir délayer à l’infini sa créativité débordante. Les amateurs de piano «classique» s’arrêteront très certainement sur «Barock», construit autour de rythmes cardiaques sourds, ou sur le sublime «Prélude Du Passé», dans lequel une envolée trip-hop succède à quelques subtiles minutes de piano solo murmurées. La batterie est quant à elle à l’honneur dans l’énorme «Sonar», faisant littéralement vibrer les tripes avec son savant mix de musique classique contemporaine et de house dansante, et dans l’épileptique et clubesque «Aufgang». Mais comme c’est souvent le cas dans ce type d’albums purement expérimentaux, d’autres titres laissent plus perplexes, sûrement trop hermétiques pour permettre à l’auditeur d’y entrer («Channel 8», «Soumission»), ou présentant un mélange des genres plus indigeste et bancal («Good Generation», «3 Vitesses»).

On pourrait donc dire que ce premier LP d’Aufgang laisse une impression finale plutôt contrastée. Mais ce serait oublier trop vite la force incroyable du son livré par le trio, complètement hors du temps et hors des cadres préétablis. Un son qui se ressent tout autant qu’il s’intellectualise, qui s’étoffe et se complexifie au fil des écoutes, et qui peut nous propulser très loin pour peu qu’on se laisse porter par ce surprenant ascenseur sonore. Si beaucoup trouveront donc ce disque a priori trop élitiste et inaccessible, on vous promet que les plus courageux qui prendront le risque de l’écouter avec des oreilles affranchies de tout préjugé ne seront pas déçus du voyage…

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Une réponse à Aufgang – « Aufgang »

  1. Marie K 29 octobre 2009 à 14 h 55 min #

    Un petit commentaire pour rappeler qu’Aufgang sera en concert exceptionnel à Paris le 19 novembre au Café de la Danse. 2 pianos + 1 batterie: une formation originale qui devrait susciter la curiosité des mélomanes. A ne pas manquer!

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