Arctic Monkeys – « Whatever People Say I Am… »

Whatever People Say I Am...[Album]
30/01/2006
(Domino/Pias)

Ah cette foutue hype, souvent synonyme de bons gros navets du rock, capable de nous faire passer à côté d’une révélation sans même qu’on s’en aperçoive… Cette fois, elle ne nous aura pas eus. Car Arctic Monkeys, en dehors de tout ce buzz qui court après eux depuis quelques mois, méritent bien qu’on s’y attarde un peu tant « Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not », leur premier album, est bien à la hauteur de toute cette excitation médiatique. Alors Bokson se mettrait-il au rock grand public? Non, toujours pas, sauf si ça en vaut la peine. Et c’est le cas. Car Arctic Monkeys n’est pas seulement le nouveau phénomène rock d’outre-manche, c’est aussi une bonne bande de branluchons au physique de supporters de l’équipe de football locale, fidèles des troisièmes mi-temps arrosées, qui du haut de leurs dix-neuf ans se sont quand même payés le luxe de refuser plusieurs fois la couverture du NME et de poser un lapin légendaire à toute la presse musicale française pour aller visiter…la tour Eiffel. Ça, on aime! Alors évidemment, le rock n’est pas ici révolutionné, mais le groupe propose cette belle alternative qui consiste à sonner résolument actuel tout en transpirant la brume anglaise, et en s’éloignant des étouffantes et récurrentes références britonnes que sont The Libertines et Franz Ferdinand, dont ils toucheront assurément le public

Ce disque circulant déjà sur le net depuis des lustres, beaucoup d’entre vous n’apprendront rien de plus sur les Arctic Monkeys, si ce n’est que ces petits gars de Sheffield ont un talent certain pour les titres pieds au plancher et les riffs de guitare efficaces. C’est le cas de « I Bet You Look Good On The Dancefloor », dont le refrain en a fait un tube universel qu’on le veuille ou non. On pensait alors avoir affaire à un coup que les maisons de disque savent bien nous concocter: un titre tubesque et rien derrière. C’est donc là qu’Arctic Monkeys fait mouche. Malgré sa jeunesse, le répertoire de ces boutonneux est d’une constance surprenante, recèle quelques très bons morceaux (dont l’impeccable « Fake Tales Of San Francisco », « Still Take You Home », « When The Sun Goes Down », « From The Ritz To The Rubble ») même si, évidemment, la fragilité est de mise, comme le laisse penser le trop dansant « Dancing Shoes » pour ne pas évoquer instantanément une recette à la « Take Me Out », ou quelques ralentissements téléphonés (« Mardy Bum », « Riot Van »)

Quoi qu’il en soit, Arctic Monkeys est à la hauteur des attentes. Non pas qu’il livre là un des albums de l’année. Disons plutôt qu’il nous délivre de la passion ambiante pour ce rock revival rondement mené par The Strokes, Bloc Party, Franz Ferdinand et The Libertines, trop martelé pour ne pas durer qu’un temps. Pourtant facilement assimilable à cette clique grandissante, Arctic Monkeys se permet juste de relever encore un peu plus le niveau. Espérons maintenant qu’ils mettent la barre assez haut pour que ce retour gonflant du rock dansant, dont ils sont l’exception, s’éteigne doucement et qu’on retienne définitivement ce disque comme instantané de cette période. Ce serait le moindre mal. En attendant, « don’t believe tha hype »

En écouteFake Tales Of San Francisco

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